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Reminiscence

By: FubukiSama
folder +S to Z › Samurai Deeper Kyo
Rating: Adult ++
Chapters: 1
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Reviews: 1
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Disclaimer: I do not own Samurai Deeper Kyo, nor any of the characters from it. I do not make any money from the writing of this story.

Reminiscence

Les personnages de cette histoire sont la propriété de Akimine Kamijyo !

Bonne lecture

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REMINISCENCE

Du haut de ma tour, je regarde les terres de notre Clan qui s’étendent à l’infini. De sombres évènements me reviennent en mémoire ; ce sont les crimes que j’ai commis. Avec le temps, je regrette ma folie d’antan. Je ne pensais pas ôter la vie à tant de monde. Que reste-t-il de moi aujourd’hui ? Seulement un être immonde rejeté par tous, une simple créature sombre qui n’a jamais su ouvrir son cœur et accorder sa confiance à autrui.

Mes yeux couleur braise regardent ces paysages verdoyants et chatoyants. Nous aimions tant nous promener dans ces landes fleuries et boisées où l’odeur des pins et de la mousse nous enivrait. Malgré la mélancolie de ces images qui me reviennent en mémoire, je ne peux oublier notre histoire et les sentiments que j’éprouvais pour toi. Pour la première fois, j’avais su ouvrir mon cœur à un être humain. Lorsque je me blottissais dans tes bras, je n’avais pas la moindre honte à montrer mes peurs, mes faiblesses et la tristesse de ma vie d’avant.

Il y a quelques années, nous étions deux êtres inséparables. Nous étions toujours ensemble malgré les regards moqueurs de certains. Ceux-ci se doutaient bien que nous n’étions pas que de simples amis et que nos deux cœurs désiraient mieux se connaître. Parmi les hommes orgueilleux et les monstres cruels, il y en avait un qui désirait notre perte plus que tout. Il nous regardait d’un air moqueur et dégoûté comme si nous étions des déchets putréfiés.

Malgré le fait que nous soyons toujours ensemble, il a fallu nous rendre à l’évidence que même la plus belle de choses était périssable. Notre amour était un sentiment fragile aux yeux des autres alors que pour nous, il était aussi solide que des cristaux de diamant. Cependant, nous aurions dû essayer de le préserver, mais le courage de nous rebeller contre tous nous a manqué.

Des langues cruels et bifidet est essayé de détruire notre relation par la haine, le mensonge et des mots blessants. Cependant, nous tentions à tout prix de rester unis et fidèles malgré leurs fustigations qui blessaient nos deux âmes. Les grands penseurs disent souvent que l’amour est un sentiment à double touchant : amour un jour, haine pour toujours. Le nôtre a consumé petit à petit nos frêles ailes. Nous aurions dû voler jusqu’au cieux afin de connaître la liberté et la joie de pouvoir nous aimer librement, mais d’autres en décidèrent autrement. Ils brûlèrent nos ailes afin que nous restions sur terre et que nous contemplions jusqu’à la fin de notre vie le bleu azure de notre paradis perdu.

Du haut de ma tour, je sentis le vent se lever, il souffla et dansa dans mes cheveux blancs. Il chatouilla mon visage pâle avant de poursuivre son chemin dans les airs. Je me souviens alors de ta déception envers notre Clan. Tu ne croyais plus en leurs principes et en leur vaine idéologie. Celui-ci nourrissait nos deux âmes de faux espoirs et nous réduisait en esclavage. Il fit couler beaucoup de sang et ton désir le plus cher était de le réduire à néant.

Afin de poursuivre cette quête, tu as quitté le Clan en me délaissant. Tu es parti sans laisser de traces, sans rien dire à personne en détruisant notre dernier espoir de vivre ensemble éternellement. Pourtant, je ne t’en ai jamais voulu, car je savais que malgré la distance de nos deux corps, nos âmes resteraient liées pour l’éternité.

Tu n’as pas quitté seul le Clan, mais tu t’es enfui avec l’enfant démon, celui que tout le monde détestait tant. Tu voyais en lui l’espoir d’atteindre tes ambitions ; celles que tu ne pouvais pas réaliser toi-même à cause de ta santé fragile.

Une nuit, tu m’as seulement dit après avoir fait l’amour : « Un jour, par ses mains, le Clan Maudit sombrera dans l’oubli ». Je ne pensais pas que tu réaliserais ton souhait. En tout cas pas de cette manière là…

Comme je me déteste… J’aurais dû partir avec toi et tout quitter, tout laisser derrière moi : mon rang, ma famille, mes idéaux et croire au renouveau. Je n’ai pas eu le courage de te suivre, car j’avais peur de ne pas survivre dans un monde inconnu : celui des humains.

Peu après ta fuite, j’ai appris que tu étais atteint d’une maladie incurable, celle qui touche depuis quelques années le corps de certains membres du Clan Mibu. Pourquoi ne m’as-tu rien dit à l’époque ? Tu étais toujours souriant, mais tu gardais au fond de toi tout ce que tu ressentais. Sur ce point là, nous étions semblables toi et moi.

Aujourd’hui, je tombe peu à peu dans la folie à force de vouloir te retrouver. J’arpente les allées du château en recherchant la douceur de ton corps et la douce image de ton visage. Je devrais sortir de ces enceintes de pierres blanches, mais je reste prisonnier et je ne peux m’évader. Je me demande ce qu’il reste de notre passé en commun. Il n’est plus que nostalgie, mais je m’efforce de croire que par un simple tour de magie, j’arriverai à tout détruire et à tout reconstruire à la grandeur de ton effigie.

Je regarde du haut de ma tour de pierre, le royaume de notre Clan déchu et je vois ton visage se confondre dans le bleu azure du ciel et le blanc des nuages. Tu as combattu à nos côtés pour l’absolution de notre ère, cependant tes sentiments se sont transformés petit à petit en terrible haine. Maître d’arme respecté, Chef des quatre Sages, tu as abandonné la voie de notre Clan afin de poursuivre la tienne et fuir les mauvais présages.

A cette époque, nous étions comme deux anges déchus de leurs droits, de leurs pouvoirs et de leurs ailes, nous ne pouvions atteindre le soleil. Nos cœurs se sont remplis peu à peu de tristesse en nous réduisant à la peine éternelle. Je me rappelle encore des mots prononcés de ta voix claire lorsque nous parlions de nous deux :

Les anges aux ailes frêles recherchent une terre nouvelle.
Un saphir, une turquoise, une améthyste, un diamant éternel.

Pour échapper à tout prix aux cruels sbires de notre Clan.
Nous sommes devenus des Martyrs fébriles réduits à néant !

Depuis ton départ, je ne suis plus le même homme. La folie me gagne ainsi que la maladie incurable qui sévit au sein du Clan Mibu. Je m’affaiblis et mon seul réconfort est de voir Tokito, ton fils, grandir auprès de moi et des deux autres Sages.

Pourtant, Tokito te ressemble, car il comprend ce que je ressens et je n’ai pas besoin de m’exprimer par les mots et de lui montrer ma maladresse. Cette relation entre un père de substitution et un fils est ce que j’ai toujours recherché et elle permet à mon cœur aussi dur que le cèdre de peu à peu s’adoucir à son contact et de devenir humain. Je n’aurais jamais pu te donner cet enfant, il n’est pas de moi, mais je l’aime comme si nos deux sangs coulaient dans ses veines.

Dir hir humain… J’ai toujours pensé que ceux-ci étaient des êtres faibles, car ils ressentent des sentiments et leur force est limitée. Je les ai toujours haïs depuis mon enfance, car mon père m’avait répété maintes fois : « Fubuki ! Ce sont des humains, des êtres inférieurs, ne mêle jamais ton sang au leur ».

Lorsque j’eus une dizaine d’années, je me cachais dans ma chambre et je laissais les larmes couler le long de mes joues pâles. Ces petites gouttes salées, personne ne pouvait les voir dans la pénombre. Ces visages familiers et étrangers ne voyaient pas ma faiblesse en devenir. Moi aussi, je voulais éprouver des sentiments comme les êtres humains.

Mon enfance fut difficile. J’ai vécu auprès d’un père tyrannique qui ne pensait qu’à la gloire et à l’image de sa famille. Dès tout petit, je devais prendre mon rang très au sérieux, car en tant que futur héritier, je ne pouvais pas décevoir l’homme qui m’avait conçu. Il désirait à tout prix que je dnne nne un grand samouraï. Au lieu d’aspirer à mes propres rêves, j’ai dû réaliser ceux de mon père.

Lorsque le Clan fit appel à mes services, je devins très vite un homme important parmi eux. Le rang de Sage me fut accordé. C’est à cette époque que je t’ai rencontré. Je me rappelle encore la première fois où nous nous sommes vus. Tes cheveux couleur miel flottaient dans le vent, tu souriais et tu respirais la joie de vivre. J’ai tout de suite été charmé par ce doux visage serein, ta voix claire et ton corps parfaitement sculpté.

Nous sommes très vite devenus amis. Je ne savais pas exactement ce que tu aimais en moi et je n’osais pas te le demander, car j’étais un homme distant et froid. Cependant, tu semblais être heureux lorsque nous partagions des moments ensembles. Peu à peu, mes sentiments pour toi changèrent et je me rendis compte que, lorsque je ne te voyais pas, je me sentais seul et désespéré.

J’avais peur que tu disparaisses et que tu me laisses seul avec mes peurs. Depuis que tu étais arrivé, j’essayais peu à peu de changer et de te faire part de mes émotions et de mes sentiments. Avec toi, je n’avais pas le choix, tu lisais en moi grâce au satori et tu arrivais toujours à me faire dire ce que je n’osais pas.

Plusieurs personnes remarquèrent que nous étions proches l’un de l’autre. Mon père aussi et il me mit en garde contre cette relation malsaine.

D’après lui, je ne devais faire confiance à personne et ne me lier d’amitié à aucun individu quel qu’il soit. Il me dit à ce moment là pour me dire qu’il me choisirait une femme qui comblerait tous mes désirs et qui deviendrais l’épouse parfaite.

Quant à moi, je l’écoutais sans dire un mot. Ma vie, je ne la voyais pas auprès d’une femme, mais auprès de Muramasa. Je me rendis compte que je l’aimais plus que tout et que je ne voulais pas que les autres détruisent ce sentiment si fort qui naissait en moi ; celui de l’amour !

Je me souviens aussi de nos longues promenades dans les bois et lorsque nous marchions des heures au milieu des pins. L’odeur tendre de la mousse et des herbes sauvages nous enivrait. Un jour, nous nous sommes promenés jusqu’à une prairie aux herbes hautes, nous avions pris de quoi nous ravitailler.

Après avoir mangé, nous nous sommes étendus au milieu des champs. Nos deux corps se trouvaient très proches l’un de l’autre. Je sentis mon cœur battre à tout rompre dans ma poitrine, mais j’avais peur de te parler et de te demander ce que tu aimais en moi.

C’est alors que tu pris la parole, tu me souris tendrement et tu me dis la chose suivante : « FubukTu nTu ne devrais pas avoir peur de me faire part de ce qui te tracasse. Au contraire, tu sais bien que je suis toujours heureux lorsque tu te confies à moi ».

Muramasa me répétait souvent cette phrase lorsqu’il voyait que je prenais un air pincé et boudeur. Il devinait toujours lorsque j’avais des choses à lui dire. Il m’arrivait souvent de faire la moue comme un petit enfant de quatre ans. Son côté paternel ressortait et je me rendais compte que j’avais besoin de cette douceur qui émanait de lui.

Je pris mon courage àx max mains et je lui demandai ce qu’il aimait en moi pour m’accorder son amitié. Il se mit à me dévisager gravement. Nos yeux se croisèrent pendant une fraction de seconde.

J’avais peur qu’il lise mes sentiments en le regardant et qu’il me rejette. Je ne voulplusplus être seul… J’avais besoin de lui… J’avais envie de lui !

Mes yeux regardèrent l’étoile blanche imprimée sur le côté gauche de son kimono. Je sentis Muramasa me sourire même si je ne le voyais pas directement. A ce moment là, il posa délicatement sa main sur la mieet met me dit tout simplement : « Je suis content de t’avoir rencontré… Je n’ai pas pour habitude de regarder uniquement l’aspect extérieur des gens. J’ai su lire en toi et je sais que tu ne me décevras pas ».

Pour la première fois, quelqu’un me faisait confiance, mes yeux croisèrent à nouveaux son regard et nous restâmes ainsi pendant quelques minutes. Je ne pouvais plus détourner mes yeux de son tendre visage. Devais-je lui dire ce que j’éprouvais pour lui ou me taire à jamais ? Sans m’en rendre compte, ma main tenait la sienne fermement. Je ne voulais pas le lâcher, je voulais qu’il reste à mes côtés.

Il continua à me sourire. Je ne savais plus quoi faire, ma tête tournait et je sentais que j’allais exploser. J’avais peur de perdre son amitié en lui déclarant mon amour… Etait-ce réellement de l’amour au fait ? Je me sentais attiré par lui, mais peut-être était-ce parce que personne ne m’avait choyé et ne s’était occupé de moi auparavant ?

Je evaievai d’un geste brusque et je pris les affaires qui m’appartenaient. Je lui dis dans un murmure : « Je t’aime ».

Je partis sans me retourner, car je ne voulais pas entendre sa réponse. Je ne voulais pas qu’il me voie faible. Personne ne m’avait jamais vu ainsi… Pourquoi devrais-je devenir comme les êtres humains et ressentir de l’amour pour autrui ?

Lorsque j’arrivai au château, je m’enfermai dans l’aile qui m’appartenait. J’étais nerveux et je ne savais pas quoi faire… Pour la première fois, je doutais de moi.

Malheureusement pour moi, même si je souhaitais obtenir une réponse de Muramasa, je dus patienter plus d’un mois avant de l’obtenir, car le Chef de notre Clan décida de l’envoyer avec Hishigi en mission dans le Nord de la province de Angkor.

Pendant les jours interminables qui suivirent son absence, j’essayai de l’oublier et de me raisonner sur l’amour que je pouvais éprouver envers cet homme. Je passais mes journées à réfléchir sur cette relation impossible et peu à peu je me sentis déprimer. Je ne voyais aucune issue à notre idylle.

Lorsque Muramasa revint, nous dûmes attendre avant de nous parler, car il devait faire son rapport au Roi Rouge. Quant à moi, j’avais peur de le rencontrer à nouveau après ce que je lui avais avoué. Cependant, je ne pouvais pas l’éviter et je mourrais d’envie d’être à ses côtés.

Un soir, je me décidai à aller lui rendre visite, mais malheureusement, il ne se trouvait pas dans sa suite. Je dus me résoudre à rebrousser chemin. J’étais triste et déçu. Y’aurait-il des chances pour qu’il essaie de m’éviter ? Alors que j’étais perdu dans mes pensées, je regagnai à contrecoeur mon appartement. En arrivant à proximité, je reconnu une ombre familière ; celle de l’être aimé.

Je me rapprochai et je vis Muramasa qui se tenait debout appuyé contre le mur. Lorsqu’il m’entendit, il tourna lentement la tête vers moi et me sourit timidement. Quant à moi, je me tenais debout sans rien dire, je ne pouvais plus faire un mouvement, car j’étais subjugué par la beauté du visage de mon amant.

Cela faisait plus d’un mois que je ne l’avais pas vu, mais il n’avait pas changé. Ses cheveux couleur miel ondulaient sur ses épaules. Il portait un kimono bleu et blanc ainsi qu’une draperie sur ses épaules. Les quelques rayons de lune qui filtraient par les fenêtres du couloir peignaient son visage de couleur vermeille.

Lorsque je pus à nouveau bouger, je m’approcha de lui et je lui dis simplement : « Tu m’as manqué ». Il me regarda dans les yeux et me souris à nouveau. Il prit ma main dans la sienne et la posa sur son cœur. Je pouvais entendre les battements rapides de celui-ci.

Sa main était chaude, il sentait bon, son parfum m’enivrait, je m’approchai de ses cheveux et je respirai son odeur. Muramasa lâcha ma main et me demanda s’il pouvait entrer chez moi.

Je n’attendis pas une seconde de plus, j’ouvris ma suite et nous rentrâmes à l’intérieur. Lorsque je refermai la porte derrière moi, le temps s’arrêta. Je pris Muramasa dans mes bras et je le serrai tendrement contre moi.

La chaleur de son corps envahit le mien, je m’approchai de son oreille et j’hésitai à lui dire que j’avais envie de lui. Au moment où j’allais le lui dire, il me caressa le dos et me dis d’une voix douce au creux de mon oreille : « Dis-moi que tu m’aimes… Aime-moi pour l’éternité… Je lui répondis sur le même ton : A jamais... »

Nos corps se rapprochèrent lentement, nos lèvres firent de même et lorsqu’elles se lièrent enfin nous ne pûmes les détacher. Elles étaient comme soudées. Si les premiers baisers furent chastes et innocents comme ceux de deux enfants qui découvrent l’amour, les autres devinrent de plus en plus passionnés au fur à mesure que la chaleur de nos deux corps augmentait.

Mon corps désirait simplement s’unir avec celui de mon amant, je posai mes mains sur sa draperie et la lui ôta d’un léger mouvement. Muramasa fit de même avec la mienne tout en continuant à m’embrasser tendrement. Alors, je répétai mon geste, mais cettis-cis-ci, je défis le nœud de son kimono et laissa tomber avec élégance son obi sur le sol. Muramasa s’arrêta de m’embrasser et me sourit. Il fit le même geste et ôta le mien. Lorsque ce dernier tomba à terre, il regarda mon torse et leva les yeux vers moi. Je lui rendis son sourire et je l’embrassai doucement sur le front.

Muramasa continua à me serrer dans ses bras alors que mes baisers se faisaient de plus en plus passionnés. Il laissa glisser ses deux mains jusqu’à mon giletr oùr où les deux symboles du yin et du yang étaient inscrits. Il me l’enleva avec douceur. La lune filtrait par la fenêtre et teintait mon torse pâle. Je vis que mon amant l’observait et hésitait à l’embrasser. Je lui pris sa main et la déposa sur mon cœur. En entendant les battements de celui-ci, il se blottit contre ma poitrine et me susurra des mots doux. Il commença par poser quelques baisers le long de mon cou et de mon torse musclé.

Je fis de même le long de son oreille en lui répétant que je l’aimais ce qui le fit sourire au travers de ses baisers. Je lui ôtai le reste de son kimono et je l’admirai. Le corps de Muramasa était magnifiquement sculpté. Je le pris par la main, le regarda encore une fois et je lui dis : « Es-tu certain de vouloir lier ta vie à la mienne, Muramasa ? » Il me répondit de sa voix tendre : « Je te désire depuis la première fois où nous nous sommes rencontrés... »

Deux anges se cherchent timidement,
Deux cœurs s’unissent simplement,
Deux corps s’aiment tendrement,
Eternellement !

Lorsque tu prononças tes dernières paroles, nous nous dirigeâmes vers le lit aux draps de soie et nous nous couchâmes sur le matelas moelleux. Tu te mis en dessous et moi en dessus. Je pouvais sentir ton corps bouillant contre le mien. Ma tête tourna lorsque je respirai le parfum de ton corps. Je m’approchai de ta nuque et je la couvrais de doux baisers sucrés. Tes mains vinrent se placer sur mon dos et tu me le caressas de bas en haut. Ceci me fit frémir et j’accentuai mes baisers sur ton oreille gauche. Tes mouvements en cercle sur mon corps de plus en plus appuyés me rendaient fou… Je me sentais perdu en pleine extase.

Mes baisers semblaient te plaire puisque tu me susurrais des mots incompréhensibles à mon oreille tout en laissant échapper des soupirs de plaisir. Je plaçai mes mains sur tes hanches et je me mis à t’embrasser sur la bouche. Nos deux langues s’embarquèrent dans une danse frénétique. Je suçais la tienne goulûment alors que tu me la mordillais tendrement.

Tu remontas tes mains jusqu’à mes cheveux et tu les laissas se perdre à l’intérieur de ma toison blanche. Je caressai tes douces épaules tout en continuant à t’embrasser. C’est à ce moment là que tu me supplias d’aller plus loin. Tes soupirs mêlés aux miens devenaient de plus en plus forts et avec délicatesse, je plaçai lentement ma main en ton centre. Tu laissas échapper un long soupir de satisfaction. Tu plaças fermement tes mains sur mes hanches et je me mis à masser ton membre avec douceur et appréhension. Tu me demandas de continuer et lorsque nos yeux se croisèrent, je me plaçai devant ton entrée et je te pénétrai doucement. Nos deux corps se mirent à transpirer sous l’effet des frictions et nos mouvements devinrent de plus en plus rapides.

Dans un dernier geste, je me soulageai en toi et je me couchai sur ton torse moite. Pour la première fois, je me sentis vivant. Tu continuas à me masser les cheveux de tes doigts fins et tu me répétas tendrement : « Je t’aime » !

Après nos efforts, nous nous endormirent l’un contre l’autre et nous nous réveillâmes que tard dans la matinée. C’était la première fois que je dormais autant. Normalement, comme mon disciple Shinrei, je me couchai tôt et je me réveillai tôt afin de profiter un maximum de la journée. Cependant, ce matin, je n’avais pas envie de me lever.

Ton parfum m’enivrait, je sentis ta peau parfumée contre la mienne et ta douce chaleur enveloppa mon corps. Je n’avais pas envie que tout cela s’arrête alors je me blottis encore plus fermement contre toi et je passai l’un de mes bras autour de tes épaules. En faisant ce geste, je te sentis frémir et tu ouvris lentement les yeux. Tu me regardas en rougissant timidement en repensant à ce que nous avions fait la veille. Nous nous regardâmes intensément pendant quelques secondes et tu finis par prendre la parole en me demandant si j’avais bien dormi. Je te répondis d’une voix chaude que je venais de passer la plus belle nuit de ma vie à tes côtés.

Malgré tout, il fallait que je me lève afin de remplir mon rôle de Sage au sein du Clan. Je devais vérifier que tout le monde avait fait son travail. A contre cœur, je m’assis sur le lit. Muramasa me regarda et plaça sa main sur moi et la fit descendre de la nuque jusqu’au bas de mon dos. Cette caresse me fit frissonner, je tournai la tête en sa direction, je lui souris et je me levai avant de vouloir me blottir à nouveau dans ses bras pour l’éternité.

Mon amant me regarda me lever du lit et sourit en voyant mon corps. Je pris des vêtements de rechange et je quittai la pièce. Muramasa s’assis à son tour dans le lit et se mit à repenser à la nuit dernière… Notre douce nuit… Celle où nous nous sommes liés après tant d’envie, de passion, d’amour. Son regard était inquiet, il semblait savoir que ce bonheur ne durerait pas et qu’un jour nous payerons le prix fort de cet amour interdit.

Grâce au Satori, il pouvait ressentir certaines sensations positives ou négatives émanant des personnes qui l’entouraient. D’une voix douce, mais tremte, te, il laissa échapper ses mots à haute voix. Cette tristesse se diffusa dans la chambre et ses mains se refermèrent fermement sur les draps de soie. Une larme coula le long de sa joue et fini par mourir sur le blanc des draperies.

Peu importe nos origines et peu importe nos familles.
Nous voulions seulement oublier les moments difficiles.

Lorsque la chaleur a envahit nos corps ; juste un effort.
Devenir humain, goûter à l’ivresse, retrouver le réconfort.

Muramasa décida, lui aussi, de se lever et de rejoindre son disciple afin de l’entraîner. Il se lava, s’habilla et il rejoignit Kyo, son fidèle élève en qui il voyait le seul espoir de sauver le Clan de sa déchéance et de sa corruption. Il n’avait rien dit à Fubuki, mais il savait que son protégé aurait un grand rôle à jouer dans la destruction totale du Clan. Tu ne voulais rien lui dire pour le préserver et qu’il puisse se détacher des ses âmes corrompues sans peine.

En rejoignant Kyo, il tomba sur Chinmei, un homme détestable et mystérieux dont il se méfiait plus que tout. Voyant qu’il ne pourrait pas l’éviter, il le salua poliment. Celui-ci lui rendit son bonjour et chacun continua son chemin dans la direction opposée. Cependant, après avoir fait quelques pas, Chinmei s’arrêta et prononça des propos qui troublèrent Muramasa : « Maître Muramasa, vous ne devriez pas unir votre cœur et votre corps à cet homme. Le Clan Mibu ne sait pas encore que vous vous êtes unis en défiant leurs lois, mais si celui-ci l’apprenait, il n’hésiterait pas à tuer l’un de vous deux. Quel dommage n’est-ce pas… De toute manière, peu importe puisque vous êtes déjà condamné par la maladie… »

Chinmei continua sa route en laissant seul le Sage avec son désespoir et son incompréhension. Les mots troublants de l’homme mystérieux résonnèrent dans la tête de Muramasa et à voix basse il se posa les questions suivantes : « Comment pouvait-il savoir ? Comment pouvait-il être au courant de notre amour ? Comment savait-il à propos de sa maladie ? »

Il fut pris de panique, car il savait ce qu’était capable de faire le Clan envers ceux qui péchaient et qui ne respectaient les les lois. L’amour entre deux hommes était impossible, car la volonté des Mibu était que ces derniers procréent afin de donner la vie à des enfants doués de dons exceptionnels. Ceci n’était pas le cas lorsque deux êtres du même sexe s’aimaient. Malgré tout leur amour, ils ne pourraient jamais donner la vie à un être de chaire.

Muramasa savait que Chinmei parlerait tôt ou tard et qu’il nous dénoncerait sans scrupules. Celui-ci ne voulait pas qu’il détruise ce sentiment d’amour, ces souvenirs, cette douceur qu’il ressentait lorsque Fubuki le serrait dans ses bras. Il décida alors de se lancer à corps perdu dans l’entraînement intensif de son élève, de s’enfuir avec lui et de poursuivre cette quête de la destruction du Clan… Si tout fonctionnait comme prévu, Fubuki et lui seraient enfin libres de s’aimer.

Cependant, pour ne pas impliquer Fubuki, Muramasa décida de ne rien lui dire, de cacher sa maladie, sa souffrance, ses projets et de lui avouer ses prochaines fiançailles avec une femme du Clan Mibu. Un Sage ne rencontre pas de problème pour trouver une épouse vu son statut. Donner un héritier à ces êtres maudits brouillerait les pistes et Fubuki ne serait pas impliqué. Aucun de nous deux ne mourra…

Après une dure journée d’entraînement avec son disciple, Muramasa rentra très fatigué au château. Il avait passé une journée difficile entre les efforts physiques et ce que lui révéla Chinmei. La maladie ne lui permettait pas d’être au maximum de ses capacités et d’utiliser sa pleine puissance. De plus, Muramasa se sentait vite affaiblis par les effets de ce mal incurable qu’il avait contracté quelques mois auparavant. En regagnant sa suite, il pria pour ne pas rencontrer Fubuki ou Chinmei. Il ne voulait pas que celui qu’il aimait plus que tout puisse le voir dans cet état.

Pourtant, en arrivant à ses appartements, il trouvbukibuki en train de discuter avec un des serviteurs du palais. Lorsque Muramasa arriva à proximité, son amant congédia l’homme avec lequel il était en train de parler et prit l’homme à la chevelure couleur miel dans ses bras. Il l’embrassa fougueusement en le priant d’ouvrir au plus vite sa chambre. Muramasa sentit le corps bouillant de Fubuki contre lui et une vague de plaisir le submergea. Il ne pouvait pas lutter contre tant d’amour et de passion pourtant il devait résister… Résister à l’envie de faire l’amour avec lui et lui dire ce qu’il avait prévu…

Muramasa arriva tant bien que mal à ouvrir la porte de sa suite sous les caresses de plus en plus entreprenantes de Fubuki. Cependant, ce dernier se rendit vite compte que celui qu’il aimait semblait troublé et qu’il ne se trouvait pas dans les mêmes dispositions que lui. Il arrêta ses baisers et ses caresses. Son amant se dégagea et prit un ton grave. Il essaya d’être le plus convaincant possible en prononçant ses quelques paroles.

Le Sage commença par avouer à Fubuki qu’il s’était en quelque sorte servi de lui et ce qu’il ressentait à son égard se résolvait simplement à de l’amitié. Il ne pouvait donc pas répondre aux sentiments profonds de celui-ci. Ce qu’ils avaient fait n’était que le fruit d’un désespoir et d’une tristesse commune et les deux avaient sans doute essayé de chasser leurs sentiments négatifs en se réfugiant dans les bras de l’un de l’autre sans réfléchir. Muramasa révéla aussi à Fubuki qu’il allait se marier d’ici quelques semaines avec une jeune femme que Aka no Ou choisirait. Il ne voulait surtout pas détruire cette future union par une autre qui n’avait pas lieu d’être.

Fubuki écouta attentivement le discours de Muramasa en le regardant de ses yeux couleur braise. Il ne fit aucun geste, il ne prononça aucun mot lorsque son amant lui présenta des excuses pour s’être joué de ses sentiments. Il resta simplement figé sans faire aucun mouvement. Muramasa choisit se moment là pour détourner ce regard du sien et s’en aller loin de ce corps, de ce visage qu’il aimait tant. Sa décision était prise et il ne changerait pas d’avis… L’amour au sein du Clan est illusoire et utopique. Ceux qui ont osé s’aimer d’un amour pur ne sont plus en vie. Ce choix qui avait été si dur à prendre permettrait peut-être de préserver cet amour au-delà de la bêtise des Mibu.

En quittant sa suite, Muramasa ne vit pas les larmes couler le long des joues de Fubuki. Ce dernier ne vit pas les celles de son amant ruisseler sur sa peau blanche.

Dans la pénombre du château, un être mauvais observait la scène et se délectait du choix fait par Muramasa. Rien… Plus rien ne l’empêcherait de triompher et de détruire les cœurs purs de ces deux hommes… La maladie emportera le premier alors que la folie s’emparera du deuxième.

Nos souvenirs persistent au-delà du temps.
Rien ne pourra jamais les réduire à néant.

Nous sommes unis et liés pour l’éternité.
Une seule nuit a suffit à nous apprivoiser.

Après plusieurs semaines de tristesse et d’incompréhension, j’essayai d’oublier Muramasa et ce qu’il m’avait dit. Bien entendu, je n’y arrivais pas. Je savais bien qu’il mentait sur la nature de ses sentiments à mon égard.

A chaque fois que j’essayais de lui demander des explications sur notre séparation, il me répétait qu’il avait été clair et qu’il désirait tirer un trait sur le passé pour se concentrer sur son prochain mariage qui devait avoir lieu dans quelques jours. Peu à peu, je me mis à douter et à penser que Muramasa ne m’avait jamais aimé et qu’il s’était simplement servi de moi. Plus je pensais à nos conversations, plus je me persuadais que ce qu’il avait dit était vrai. En effet, comment un être aussi pur que Muramasa aurait pu tomber amoureux de moi…

Peu à peu, la folie me gagna en te voyant déambuler dans le palais en souriant à tout le monde comme si de rien n’était. Cependant, tu ne m’ignorais pas, au contraire, tu semblais vouloir garder mon amitié, mais comment pouvais-je feindre d’être ton ami alors que nous avions partagé un amour si pur. Je me sentais mal, rejeté et incompris. J’avais cru trouver en toi un ami, un amant, une aide, un confident, une personne qui m’avait aimée pour ce que j’étais. Je n’avais pas besoin de te rendre des comptes ou de feindre une autre personnalité. J’étais simplement moi-même et je pensais te plaire avec mes défauts et mes qualités. Pourquoi avais-tu changé si brusquement d’avis… ? Qu’avais-je pu faire pour que tu me rejettes et que tu te serves de moi… ? Pour la première fois, j’avais eu l’impression d’être devenu un humain et d’avoir acquis la plus puissante des faiblesses qui puisse exister… Celle de l’amour. Un homme comme moi avait pu éprouver des sentiments envers quelqu’un d’autre et ouvrir son cœur si sombre.

Deux semaines plus tard, j’assistais à ton mariage avec Shû, une jeune femme magnifique que Aka no Ou désigna comme ta future femme. Comment pouvais-je lutter lorsque je voyais auprès de toi une si belle créature. Tu étais enfin lié par les saints sacrements à une femme avec qui tu pourrais donner un enfant… Ta chaire, ton Sang ! Je te regardais attentivement lorsque tu prononças tes vœux à ta future femme. Tu lui promis de la protéger, de la chérir et de l’aimer pour l’éternité alors que tu m’avais fais la même promesse. Pourtant, lorsque tu prononças ces mots, je cru détecter un certain malaise en toi, ta voix trembla légèrement. Peut-être était-ce l’émotion d’un tel événement qui te rendait moins sûr de toi ou alors était-ce…

Lorsque tu te penchas pour l’embrasser, cela me fit mal, très mal et mon cœur se serra dans ma poitrine prête à éclater par la douleur et la tristesse. Cette fois, il n’y avait plus aucun doute, nous étions séparés à jamais… Je ne pu en regarder plus et je m’enfuis loin de cette scène de bonheur. Chinmei me regarda partir en souriant de manière machiavélique, il savait que je souffrais et il s’en réjouissait.

Je regagna ma chambre et je fermis la porte à clef. Je m’effondrai sur le lit et je déversai toutes les larmes de mon corps sur les draperies de soie blanches qui me rappelait encore ton odeur et nos ébats. Pendant ce temps, la fête battait son plein entre le banquet, les jeux, les discours de personnes importantes du Clan et le buffet. Tout le monde souriait, dansait, chantait avec entrain… Après plusieurs heures de festivité, Muramasa regagna sa chambre en compagnie de sa femme et il se dit à lui-même : « Je ne peux plus revenir en arrière… Pardonne-moi Fubuki, tout cela, je le fais pour toi… »

Ce mariage devait marquer l’union entre un homme et une femme, mais aussi assurer la descendance du Clan. Derrière ce lien, il y avait rarement de l’amour entre deux êtres, mais plutôt un devoir à prendre au sérieux par les membres privilégiés des Mibu. La réatréation était la seule chose importante pour eux alors que les sentiments étaient le plus souvent niés. Le mariage de Shû et de Muramasa n’échappait pas à la règle. En effet, la jeune femme était reconnaissante de pouvoir s’unir avec un homme de haut rang qui lui assurerait confort, richesse et pouvoir, mais en aucun cas il ne s’agissait d’amour. Quant à Muramasa, même si Shû était une très belle jeune femme, il ne l’aimait point… Pourtant, il accepta de s’unir avec elle pour remplir son devoir et sa promesse : sauver Fubuki et s’enfuir loin du Clan afin de l’amener à sa perte.

Lorsque Muramasa et sa femme furent dans leur chambre, il éteignit les bougies et plongea la pièce dans le noir. Il ne voulait pas voir le corps et le visage de Shû lorsqu’il lui ferait l’amour, car il n’y avait aucun sentiment entre eux deux et la vue du bonheur ou du plaisir qu’elle pourrait en retirei fei ferait mal, terriblement mal. Ce n’est pas avec cette magnifique créature qu’il voulait se lier encore une fois, mais avec l’homme qu’il avait rencontré il y a quelques mois et qui lui avait tout de suite plu. Muramasa se remémora leur rencontre tout en déshabillant Shû de sa longue robe. Les gestes étaient calculés, froids, distants, il en faisait un minimum. Le jeune homme embrassa sa femme tendrement, mais sans pour autant ressentir le moindre plaisir, le moindre amour.

Lorsque Muramasa s’allongea sur sa femme et commença à la caresser, il ne pu chasser les doux souvenirs qui envahissaient sa mémoire. Ils s’agissaient de ceux d’un passé lointain et d’une rencontre qui bouleversa son existence. Alors que ses mains parcouraient le corps moite de Shû et qu’il embrassait sa poitrine, il revit le visage de Fubuki. Au premier abord, c’était un homme distant et froid qui n’aimait pas se livrer et se lier avec les autres. Il respectait une discipline imposée par le Clan sans chercher à comprendre les aboutissements et les finalités de celui-ci.

Fubuki détestait qu’on lui montre de la pitié ou de l’amitié, il désirait rester seul avec sa souffrance ; celle de n’avoir jamais eu une vraie famille, de vrais amis et d’être plus considérés comme un objet plutôt qu’un humain avec des faiblesses. Muramasa avait ressenti cette douleur et peu à peu il avait appris à connaître celui qu’il chérissait tant. Il ne s’agissait pas d’un homme froid et cruel, mais plutôt d’un être perdu qui cherchait seulement le réconfort. Pourtant, si au début Muramasa croyait effacer sa propre tristesse en effaçant celle de Fubuki, il se rendit vite compte qu’un sentiment bien plus fort les liait l’un à l’autre ; celui d’un amour pur.

Muramasa embrassa la jeune femme avec plus d’insistance sur la bouche, les épaules, sa poitrine, son ventre et enfouit sa tête en son centre doux et moite. Il l’avait fait plusieurs fois avec Fubuki et il se persuada de faire la même chose avec Shû. Celle-ci semblait apprécier les mouvements de langue de son mari, car elle gémissait doucement tout en lui caressant les cheveux. Lorsque cette dernière lui demanda de la pénétrer, Muramasa obéit et ferma les yeux pour ne pas voir le visage de Fubuki. Il ne s’agissait pas d’un supplice, mais d’une torture, car il n’y avait rien du tout entre cette femme et lui. Le jeune homme répéta simplement quelques gestes sans la moindre volonté, sans la moindre envie. Il était dégoûté d’en être arrivé là, mais peut-être était-ce la seule solution pour rester vivant et pour le protéger… Alors que les deux corps se chevauchèrent et s’entremêlèrent, Muramasa répéta sans cesse dans sa tête comme une prière « Pardonne-moi, pardonne-moi… » tout en versant une larme… Lorsque les deux corps atteignirent l’orgasme, Muramasa se retira rapidement de Shû et laissa sa femme étendue sur leur lit prête à s’endormir de fatigue…

Il enfila un simple kimono et sortit sur la terrasse faite de terre et de sable. Il regarda la pleine lune qui illuminait de sa lumière blanche le royaume des Mibu. Une légère brise vint mourir dans ses cheveux blonds et il ne pu s’empêcher de tourner son regard en direction de la chambre de Fubuki. Il vit alors l’ombre d’un homme et un kimono noir flotter dans les airs du haut de la grande tour qui surplombait le château. Muramasa le regarda attentivement et ne pu détacher ses yeux de son amant. Il était comme hypnotisé par la prestance et la beauté de celui-ci même s’il ne voyait pas distinctement les traits de son visage et de son corps de là où il était. Les deux hommes continuèrent à se regarder, mais Muramasa sentit vite la peine de Fubuki grâce au Satori… Lorsque son amant se retourna pour regagner ses appartements, il comprit qu’il l’aimait plus que tout, mais que l’être aimé ne lui pardonnerait pas l’acte qu’il venait de commettre…


Malgré la douleur qui envahit tout mon être et qui gonfle mes veines,
Je désire que ton cœur arrive à me pardonner et qu’il purifie ta haine.
Telle une prière bouddhique, je répète cent huit fois « Pardonne-moi »,
Mais du haut de ta tour, tes yeux noirs me regardent et me foudroient.

Le temps passa et quelques semaines plus tard, la nouvelle fut annoncée à l’ensemble du Clan Mibu, Muramasa allait avoir un héritier. Tout le royaume semblait se réjouir de ce futur grand événement sauf Fubuki qui se sentait de plus en plus seul. Cependant, il ne voulait pas montrer cette faiblesse aux autres membres qui n’auraient pas la moindre peine à découvrir d’où provenait le mal qui lui rongeait le cœur.

En public, il restait donc la personne froide et distante que tout le monde connaissait. Peu à peu, Aka no Ou lui donna des missions plus importantes au sein du Clan et ce dernier lui céda même une partie de ses pouvoirs. Fubuki devint, dès lors, le bras droit des Mibu. Il prit peu à peu des décisions importantes pour l’avenir du Clan et se lança à corps perdu dans son nouveau travail : l’invasion des territoires humains et la soumission de ceux-ci. Cela lui permettait de ne pas penser à Muramasa et d’occuper ses journées sans avoir en mémoire le visage heureux de son amant et de son futur héritier conçu avec une femme… Cet enfant ne sera malheureusement pas de lui… Chose impossible lorsque l’on aime un homme…

Muramasa regardait de manière impuissante la déchéance de son amant et souffrait en silence. Il ne pouvait pas le laisser comme ça. Fubuki se détruisait petit à petit tout comme lui. En effet, il faisait semblant d’être heureux et de feindre le bonheur d’un futur événement. Cette situation le rendait fou. Peut-être n’avait-il pas pris la bonne décision ? Il ne savait pas ne ne savait plus où il en était, mais en voyant Fubuki se jeter à corps perdu dans des futures missions de destructions et de tueries, il devait réagir. Muramasa ne voulait pas que celui-ci redevienne l’homme cruel qu’il avait été, mais qu’il reste celui qu’il aimait si tendrement...

Un soir, alors que Fubuki avait travaillé tard dans la nuit et qu’il regagnait sa chambre, il fut surpris de voir Muramasa qui l’attendait devant sa suite. Celui-ci avait un visage souriant comme à son habitude. Un léger frisson parcouru l’échine de Fubuki lorsqu’il s’approcha de Muramasa. Il ne pouvait pas l’ignorer, mais il ne voulait pas épiloguer sur les événements qui s’étaient produits ces derniers mois et de sa souffrance cachée.

Fubuki rentra chez lui sans rien dire à Muramasa, mais contre toute attente, ce dernier le prit par la main et se blottit contre son dos en le serrant fort. Fubuki ne s’attendait pas ce geste désespéré et ne fit rien pendant quelques minutes. Il sentit juste le cœur de celui qu’il aimait battre la chamade contre son dos. Il sentit aussi quelques légers tremblements et une douce voix lui murmurer des excuses pour les actes qu’il avait commis.

Muramasa lâcha Fubuki quelques secondes afin de changer de côté pour se retrouver devant lui. Avec un geste tendre, il captura ses lèvres par un baiser passionné et profond. Avec envie, Fubuki lui rendit le sien et serra fort le corps de son amant contre lui. Sans lui demander son accord, il commença à le déshabiller. L’homme au cheveux blonds se laissa faire puis déshabilla à son tour Fubuki. Leurs deurps rps se frottèrent l’un contre l’autre alors que leurs mains se caressaient tendrement. Alors que les deux hommes commencèrent à soupirer d’extase, Muramasa choisit ce moment pour embrasser le cou, le torse et le ventre de son amant. Fubuki posa ses deux mains sur les épaules de celui qu’il aimait et laissa échapper un lourd soupir lorsqu’il lui embrassa le sexe. Après de longs mouvements de va et vient sur son membre, Fubuki demanda à Muramasa d’arrêter ce doux supplice. Ils s’allongèrent finalement sur le lit et dans un dernier geste tendre, leur union fut scellée par une étreinte passionnée.

Le lendemain, Fubuki se réveilla et chercha de sa main droite le corps de Muramasa, mais à son grand désespoir, il ne le trouva point. Fubuki se dit alors que son amant était parti s’entraîner de bonne heure avec Kyo. Celui-ci se retourna du côté gauche et à sa grande surprise, il trouva sur la table de chevet une lettre pliée en quatre. A l’intérieur de celle-ci, il reconnut l’écriture appliquée de Muramasa qui lui écrivait ceci :

Nous ne nous reverrons plus avant de longs mois. Peut-être que la mort nous séparera avant nos futures retrouvailles, ce que je n’espère point. Sache que je suis parti avec mon disciple afin de rechercher notre paradis perdu ; là où les anges déchus pourront s’envoler et se perdre avec délectation dans le bleu azure du ciel. Pardonne-moi, mais je te prie de ne pas sombrer dans la folie ou le désespoir, car si je venais à te perdre, je perdrai une partie de moi-même. Malgré les apparences, je n’ai jamais aimé qu’une seule personne… Ton sourire m’a donné la force de me battre et le souvenir de ton visage me permettra de lutter lors des moments difficiles.

Muramasa
Après avoir lu la lettre de Muramasa, Fubuki se leva en hâte en prenant ses affaires. Il sortit à toute vitesse de sa suite pour gagner celle de Muramasa et voir si le jeune homme s’y trouvait, mais à son grand désespoir, il n’y était pas. De plus, en fouillant plus attentivement la chambre de celui-ci, il se rendit compte que certaines de ses affaires manquaient. Fubuki sortit de la chambre pour se diriger où résidait son disciple : Kyo. Ce dernier saurait peut-être où se trouvait son maître… A moins qu’il ne soit avec lui. Cependant, l’homme aux cheveux blancs ne trouva personne.

Fubuki commença à paniquer et demanda à ceux qu’ils croisaient dans les allées du château s’ils n’auraient pas croisé Muramasa. Tout le monde répondit par la négative. Personne n’avait vu le Sage et son disciple depuis la veille. Fubuki comprit dès lors que quelque chose s’était produit et que son amant avait dû lui cacher un point important.

Quvaitvait donc faire Fubuki ? Partir à la recherche de Muramasa hors du château ou attendre son retour ? Peut-être que le Sage allait revenir l’après-midi ? Peut-être que la lettre qu’il avait laissée sur la table de chevet n’annonçait pas réellement un départ définitif ?

Pourtant, au fond de lui, Fubuki était certain que les deux hommes ne se reverrait pas de sitôt et que Muramasa avait réellement quitté le Clan Mibu afin de poursuivre son objectif : trouver le paradis perdu des deux anges aux ailes frêles…

Fubuki regagna sa chambre et relu la lettre que son amant lui avait écrite. Il était de plus en plus persuadé qu’il s’agissait d’un départ définitif, mais pourquoi maintenant ? Les deux hommes s’étaient enfin retrouvés la veille avec tant d’amour et tant d’affection. Est-ce que cela n’avait pas compté pour Muramasa ? Le Sage au regard noir décida d’attendre que celui qu’il aimait plus que tout revienne au Clan. Il savait que son amant ne pourrait pas s’enfuir bien loin et que la garde impériale le retrouverait… Cependant, Aka no Ou leur ordonnerait de le tuer lui et son disciple. Fubuki paniqua à cette idée et comprit que Muramasa et Kyo n’avaient pas l’attention de se faire prendre, mais de s’enfuir à tout jamais et de ne pas revenir au château.

Cette pensée tortura l’âme de Fubuki. Il se rendit compte à cet instant précis que l’homme qu’il respectait tant et qu’il désirait tant à ses côtés l’avait une fois de plus trahis. Il avait choisit une femme avec qui faire sa vie et faire un enfant. Puis, il avait préféré quitter le Clan avec son disciple, abandonner sa femme et son futur héritier et surtout… Muramasa n’avait pas eu le moindre remord à se séparer de lui… !

Comment avait-il pu se jouer de lui ainsi ? Pourquoi n’était-il pas resté ? Si Muramasa désirait tant s’enfuir et quitter le Clan, pourquoi ne lui avait-il rien dit ? Peut-être qu’il redoutait la décision de Fubuki sachant que ce dernier ne se voyait pas vivre auprès des humains. Cependant, il aurait fait un effort… Oui, pour l’homme qu’il aimait, il aurait pu faire un effort et accepter le fait de vivre auprès de ceux que sa famille avait toujours bannis de son existence.

Maintenant, il était trop tard. Muramasa était parti et il ne reviendra point… Il attendait plutôt que Fubuki le rejoigne, mais ça il en était hors de question ; pas maintenant, pas après cette trahison… Le doute s’installa dans son esprit et il repensa à tous les moments de bonheur qu’il avait vécu auprès du Sage. Etait-ce simplement un rêve, une illusion ? Muramasa s’était-il servi de lui afin d’atteindre son objectif ou son amour était-il pur et vrai ?

Fubuki s’endormit sur son lit tout en rêvant à la fuite de son amant du Clan et à la trahison de celui-ci envers les siens.

Quelques semaines passèrent et bien entendu, Muramasa n’était pas revenu au Château avec Kyo. Tout le monde parlait ouvertement d’une trahison et cela avait mis dans un état de colère Aka no Ou qui ne pensait pas que le Chef des quatre Sages puisse avoir rompu le pacte et le lien qui l’unissait aux Mibu si facilement. Il avait donc ordonné à certains membres du Clan et à la garde impériale de retrouver les déserteurs et de les tuer. Aka no Ou se doutait bien que Muramasa désirait se venger du Clan. C’était donc pour cela qu’il avait accepté d’entraîner Kyo et de fuir avec lui.

Fubuki fut bien entendu interrogé, mais le jeune homme était dans un tel état de trouble que Aka no Ou se rendit compte qu’il ne savait rien sur la fuite de Muramasa. Il le laissa donc tranquille, seul avec ses sombres pensées. En fait, l’homme aux cheveux blancs avait prit une décision la veille. Il continuerait à servir le Clan, il essayerait d’obtenir des indices sur l’endroit où pourrait se trouver Muramasa et il déciderait un peu plus tard si c’est lui qui le tuerait ou pas de ses mains. Fubuki savait que son amant ne se ferait pas prendre par la petite garde des Mibu et que lui et Kyo s’en sortiraient. Pour l’instant, il ne pensa pas à la mort de son amant… Non, il ne pouvait pas mourir au combat contre de simples figurants…

Cependant, Fubuki ne savait pas que celui qu’il aimait plus que tout avait contracté quelques mois plus tôt une terrible maladie qui sévissait au sein même du Clan. Celle-ci avait d’abord frappé les habitants de la forêt pour ensuite se propager chez les hauts membres de la sphère Mibu. Muramasa était le premier à être touché de ce mal dans la classe supérieure. Il n’avait rien dit à personne, car il savait que malheureusement, le seul remède pour soigner cette maladie était la mort…

Muramasa et Kyo avaient marché pendant des jours et des jours afin d’être le plus loin possible du Clan. Ils n’avaient pas rencontrés beaucoup de difficultés à se débarrasser des gardes qui étaient à leur trousse. Il ne s’agissait que de sbires faibles et faciles à tuer. Les deux hommes avaient trouvés refuge dans une petite cabane abandonnée en pleine forêt. Tout y était paisible et les animaux qui vivaient à proximité de la maison semblaient heureux de voir de nouveaux locataires. Ceci fit plaisir à Muramasa qui adorait parler avec les bêtes et qui se sentait proche de la nature par le biais du Satori. Kyo se fichait bien de l’attention que portait son maître à de simples oiseaux ou autre et se concentrait plutôt sur la technique du vent divin obscur. Etre le plus fort était son seul but même s'il aspirait à devenir libre comme Muramasa. Libre de toutes contraintes imposées par le Clan et pouvoir mener sa propre existence loin de règles et de lois. Peut-être était-ce pour cela qu’il avait décidé de suivre son maître et de lui accorder sa confiance. Il savait que cela n’avait pas été un choix facile pour l’homme aux cheveux couleur miel.

Les jours suivants, Muramasa et Kyo continuèrent à s’entraîner. Le disciple se rendit vite compte que l’agilité et la force de son maître avaient diminuées au fil des semaines pourtant il fit comme si de rien n’était. Le jeune homme gardait assez d’estime pour Muramasa et il était persuadé qu’ils iraient jusqu’au bout de l’entraînement.

Un soir, Muramasa se leva de son lit et alla s’asseoir dehors pour regarder les étoiles. Il n’arrivait pas à dormir. En fait, depuis qu’il avait quitté le Clan, il ne dormait presque plus. L’homme repensait à sa trahison et aux décisions qu’il avait dû prendre. Trahir les Mibu n’était pas un mal, mais trahir Fubuki le rendait fou. Il espérait tant que son amant ait compris le message de sa lettre et qu’il lui pardonne encore une fois son acte désespéré. Muramasa pensa aussi à sa femme qu’il avait totalement délaissée. Celle-ci ne devait pas être seule vu que les Mibu sont nombreux et qu’ils l’aideraient. Cependant, il avait aussi abandonné son fils par la même occasion et cela lui faisait mal.

Muramasa était loin de se douter que deux jours plus tôt, sa femme avait mis au monde un petit garçon prénommé Tokito, mais que celle-ci était morte lors de la naissance de son enfant. Certaines personnes se résolurent à prendre en charge l’enfant et parmi celles-ci il y avait Fubuki. Ce dernier souhaitait que Muramasa retrouve un jour son fils et il espérait pouvoir le lui ramener en personne…

Pourtant, les deux hommes avaient oublié la présence d’un être qui avait déjà prévu dans les moindres détails sa revanche… Dans l’ombre de murs du château fort des Mibu, il pensait déjà à la mort des deux amants. Quant à Tokito, il serait amené petit à petit à tellement détester son père qu’il n’y aurait pas de belles retrouvailles entre eux deux…

Les années s’écoulèrent lentement sans que rien ne change entre Fubuki et Muramasa. Les deux hommes continuèrent leur vie chacun de leur côté en poursuivant leurs objectifs, leurs rêves, leurs idéaux si différents. Le premier était resté au sein du Clan Mibu et était devenu le Chef des quatre vieux Sages tandis que le deuxième vivait seul loin des terres de son passé.

Deux nouveaux membres étaient venus pallier les absences de Muramasa et de Shihôdô. Il s’agissait de Yuan : le maître à Hotaru, l’une des cinq planètes dont le pouvoir était celui du feu et de Tokito : le propre fils de Muramasa qui était devenu un jeune homme de quatorze ans terriblement fort par le biais de Fubuki qui avait pris soin de son éducation comme celle de son premier disciple : Shinrei.

Muramasa, quant à lui, habitait toujours dans la petite cabane en bois perdue en pleine forêt. Son élève était parti il y a quelques années et depuis il n’avait pas eu de nouvelles de sa part. Il savait bien que Kyo suivrait sa propre voix et qu’il mettrait tôt ou tard une fin aux agissements du Clan Mibu. Muramasa vivait donc seul entouré de quelques animaux pour seule compagnie. Cependant, il ne regrettait pas son choix et même si quelques fois la solitude venait à lui peser sur le cœur, il essayait de penser aux moments heureux qu’il avait pu vivre par le passé et de ne pas se laisser abattre quand le regret ou la tristesse l’envahissait. Il savait aussi qu’il n’avait plus beaucoup de temps à vivre, car la maladie avait repris le dessus et ne lui laissait pas de répit.

Le Sage avait aussi coupé ses cheveux qui lui rappelaient d’une manière ou d’une autre son passé au sein du Clan Mibu et les douces caresses que Fubuki lui faisait subir lorsqu’ils faisaient l’amour. Ce dernier avait toujours aimé les longs cheveux de son amant et il n’avait jamais voulu que Muramasa ne les coupe. Aujourd’hui, les choses étaient différentes, Fubuki ne se trouvait plus à ses côtés, il n’y avait plus la moindre caresse de sa part, plus aucune présence alors le sage avait décidé de tout couper et d’arborer une nouvelle coupe courte. En regardant le ciel par ce beau jour de printemps, Muramasa vint à se demander ce que dirait Fubuki s’il le voyait avec les cheveux courts. Sans doute se mettrait-il en colère en reprochant à son amant d’avoir couper de si jolies mèches. De toute manière, cela n’avait plus d’importance, il n’y avait plus aucune chance que les deux ne se revoient. Fubuki n’avait jamais essayé de retrouver sa trace et sans doute le détestait-il plus que tout maintenant. Après tout, il l’avait cherché, il avait détruit leur bonheur pour arriver au sien sans essayer de préserver celui de Fubuki.

Muramasa se demandait aussi si Kyo était parvenu au bonheur et à gagner une part de stabilité qu’il n’avait jamais eu au sein du Clan. Le sage savait que son disciple avait rencontré des gens et que ceux-ci seraient une aide précieuse pour la suite. C’est sans doute pour cela qu’il avait demandé à l’un d’entre eux de le ramener auprès de lui afin de lui apprendre les dernières techniques qui lui seront nécessaire pour aller au bout de son objectif… Pourtant, Bontenmaru n’était toujours pas revenu avec Kyo et cela commençait à inquiéter Muramasa. Peut-être que Kyo ne voulait-il pas le revoir lui aussi.

Quelques jours passèrent sans aucune nouvelle de Bontenmaru, Muramasa se sentait seul et affaiblit. Combien de temps lui resterait-il encore à vivre ? Cependant, au fond de lui, une petite voix lui disait de ne pas s’en aller maintenant… Il ne pouvait pas rejoindre les cieux sans avoir réaliser deux choses encore…

Un matin, alors que le soleil était déjà haut dans le ciel, Muramasa entendit des voix et des bruits de pas s’approcher de sa maison. Il posa le sabre qu’il était en train de forger et se dirigea vers l’extérieur pour voir qui étaient les mystérieux inconnus. Le sage reconnu tout de suite le visage sérieux de son élève ainsi que Bontenmaru et d’autres personnes qu’il ne connaissait pas. Après les salutations de rigueur, tout le monde s’installa dans la pièce principale de la maison. Une jeune fille prénommée Yuya servit le thé alors que Kyo et Bontenmaru étaient en train de se disputer au sujet de qui était le plus fort entre les deux. Ceci fit rire Muramasa qui remercia encore une fois son amie d’avoir ramené son disciple auprès de lui pour une dernière visite.

Muramasa demanda des nouvelles et Bontenmaru lui expliqua que leur groupe de départ, les quatre Sacrés du Ciel, n’était plus d’actualité et qu’ils s’étaient séparés il y a quelques années. Chacun avait poursuivit sa propre voix et sa propre direction afin de devenir plus fort. Bontenmaru apprit à Muramasa que Kyo perdit contre Kyoshiro lors d’un combat pour gagner le titre du plus fort et que ce dernier l’avait trahis et avait caché son corps dans la terrible forêt d’Aokigahara. Cependant, entre temps, les Mibu avaient réussi à le récupérer et Kyo était donc parti à la recherche de son bien.

Muramasa fut interloqué d’apprendre cette nouvelle, mais d’une certaine manière cela ne m’étonnait pas du Clan. Ils avaient sans doute un projet bien précis pour avoir voler le corps de Kyo et le Sage frémit à l’idée de penser que Fubuki pouvait avoir mener cette mission surtout que les relations entre les membres du Clan Mibu et les êtres humains étaient tendues.

Plus tard dans l’après-midi, un petit groupe d’invités s’en alla dans la forêt, alors que Kyo, Bontenmaru, Yuya et Sasuke restèrent auprès de Muramasa. Ce dernier était fatigué à cause de la maladie et il devait se reposer et ne pas faire trop d’effort. De plus, il essayait de se préserver afin de pouvoir transmettre les dernières techniques du « vent divin obscur » à Kyo.

Alors que le Sage et Bontenmaru discutaient du passé, Kyo était assis à l’extérieur de la maison et semblait perdu dans ses pensées. Comme d’habitude, se dit Yuya, il ne parlerait pas et n’exprimerait pas sa joie de revoir son maître. La jeune fille détourna son regard et fixa plus attentivement Muramasa. L’homme qui se trouvait en face d’elle ne faisait pas du tout son âge alors que Bon’ lui avait dit qu’il était âgé. De plus, il ne semblait pas malade… En regardant le visage du Sage, le cœur de Yuya se serra un peu plus. Elle sentit au fond de lui une tristesse pesante et indélébile. Derrière le sourire du maître, il y avait une peine profonde pourtant, depuis qu’elle était arrivée, il était toujours souriant.

Le sage se sentit observé par la jeune fille et lui dit d’une voix douce qu’elle ne devait pas se faire de souci pour lui parce qu’il se portait bien. Yuya rougit et s’excusa de se mêler de ce qui ne la regardait pas. Muramasa sourit et révéla à la fille blonde les motifs de son invitation. En effet, le sage désirait apprendre à Kyo les dernières techniques qui lui permettraient de retrouver son corps et de battre les Mibu. De plus, il avoua à Yuya que ce combat était aussi le sien, car quelques années auparavant, il s’était enfui avec Kyo du Clan Mibu et qu’en tant que chef des quatre Sages, il n’avait rien fait pour essayer de préserver l’équilibre entre les humains et les Mibu. Au contraire, il avait été sans doute été le détonateur de cette guerre. A ce moment là, le visage de Muramasa afficha un visage triste et dit simplement à Yuya : « Je voulais réduire le Clan Mibu à néant afin de gagner ma propre liberté et celle des êtres que j’aimais plus que tout… Cependant, elle a un prix et j’ai tout quitté sans réellement penser aux conséquences de mes choix et de mes actes. Mon propre fils, ma femme et celui que j’aime font désormais parties du Clan des ennemis et je sais au fond de moi qu’ils ne me pardonneront pas…

En quittant le Clan, j’ai abandonné mon hériter, mon fils.
Main dans la main, je suis parti avec notre dernier espoir.
Je pouvais voir en lui notre avenir comme dans un miroir.
Croire au renouveau, préparer la célébration par le calice.

En quittant le Clan, je m’éteints lentement dans ma maison.
Haku et Ruri sont aujourd’hui mes seuls vrais compagnons.
Heureusement, tu ne me vois pas ainen ten totale déperdition.
Partir rejoindre les ciel’étl’éther comme les oiseaux le font !

Yuya comprit que le Sage venait de livrer une partie de son passé douloureux et elle comprit l’origine du sourire qui masquait une profonde tristesse. Afin de sauver ceux qu’il aimait, le maître de Kyo avait dû faire des choix difficiles au prix de lourdes pertes… Comment un homme qui avait tout perdu pouvait-il être si généreux avec les autres en espérant sans cesse leur bonheur alors que lui n’avait pu y goutter ? La jeune fille baissa les yeux un instant et se dit à elle-même que cette histoire de guerre entre Clans se terminerait mal…

De son côté, Fubuki était un homme assez chargé par les nouvelles responsabilités qui lui incombaient. Il était le Chef des quatre Sages et devait gérer la plupart des hommes du château ainsi que la suite des opérations. Diriger un pays est éprouvant et l’homme aux cheveux blancs n’avait que très peu de temps pour lAprèAprès quatorze ans de séparation entre Muramasa et lui, il n’avait toujours pas refait sa vie de manière officielle. Il passait son temps à s’occupe à e à entraîner Tokito en qui il revoyait l’image de son amant. Au début, ce fut difficile, mais petit à petit, Fubuki se sentit heureux de cette charge et de pouvoir s’occuper de l’enfant de Muramasa… De leur enfant…

Fubuki ne s’était jamais marié, car cela lui importait peu. Donner naissance à un héritier ne faisait pas parti de ses projets, il préférait s’occuper de Tokito et de son éducation. Le Sage se servait des femmes lorsqu’il avait besoin d’elles. Il ne ressentait rien envers celles qu’il ramenait dans sa chambre quelques fois le soir. C’était assez rare de sa part, mais certaines nuits, l’envie était si importante qu’il l’a comblait comme il le pouvait. Après avoir fait l’amour avec l’une de ses créatures, il s’en voulait et se demandait si Muramasa s’était senti aussi triste après avoir fait cela avec sa femme. Tout lui rappelait lementments d’ivresse et de bonheur entre lui et son amant pourtant, au bout du compte, il n’y avait que peine, tristesse et souffrance.

Tokito était âgé de quatorze ans et il avait grandi auprès de Fubuki et de Shinrei. Il considérait le Sage comme un père de substitution. Le jeune garçon détestait mor ser ses vrais sentiments, mais il était reconnaissant envers le Sage de s’être occupé de lui. Tokito se doutait bien qu’il s’était passé quelque chose entre son vrai père et Fubuki. Il avait entendu des rumeurs de la part de certains et dire qu’ils avaient été un peu plus que des amis. Tokito n’y avait jamais réellement cru puisque son père s’était marié avec une femme et que celle-ci était morte lors de sa naissance. Il s’agissait seulement de mauvaises langues qui aimaient se moquer de l’amitié sincère qui unissait Fubuki à Muramasa. Cependant, Fubuki ne parlait jamais à Tokito de son meilleur ami et chaque fois que le garçon essayait d’entamer la conversation, le Sage trouvait un moyen pour la détourner.

Un après-midi, lorsque Tokito termina son entraînement avec Shinrei, il regagna l’entrée principale du château et tomba nez à nez avec Chinmei. Celui-ci s’arrêta devant lui pour l’empêcher de continuer son chemin. Le garçon essaya d’esquiver l’homme qui se trouvait devant lui, mais sans y parvenir. C’est avec un rire sarcastique et moqueur que Chinmei prit la parole. Il empoigna le poignet de Tokito et lui dit les choses suivantes :

« Voici le fils de Muramasa, ce traître ! Est-ce tu tu savais que ton père a déserté le Clan de son plein gré en t’abandonnlâchlâchement ? Pourquoi ne demandes-tu pas à Fubuki de te raconter leur histoire passionnée et la nature de leurs relations. Moi, je les ai vus…

Et puis, entre nous Tokito, il est peut-être temps que tu apprennes que tu n’étais pas un enfant souhaité par Muramasa… Tu es venu au monde simplement pour permettre à Fubuki et à ton père de rester en vie et de préserver leur union secrète… Si tu savais comme Muramasa a souffert lorsqu’il t’a conçu avec ta mère. Sans doute est-il parti pour ne pas voir le monstre de son union naître devant ses yeux… »

Sûr ce, Chinmei lâcha Tokito et s’en alla en direction du château alors que le jeune garçon se retrouva pétrifié sur le pavé de l’allée principale… Une larme, puis plusieurs autres vinrent couler le long de ses joues alors qu’un cri de désespoir vint mourir dans sa gorgl tol tomba à genoux, le regard vide, tout en répétant à voix basse : « je ne suis pas un enfant souhaité, je ne suis pas un enfant souhaité, je ne suis pas un enfant souhaité… Simplement un monstre. »

Il fallu plusieurs minutes à Tokito pour retrouver ses esprits et se relever. Ce que lui avait dit Chinmei l’avait ébranlé au plus haut point. Le jeune garçon, malgré son côté sur de lui, avait toujours souffert de ne pas connaître la vérité sur son père. En effet, il se posait des questions comme tous les enfants de son âge et il aurait tant souhaité que Fubuki lui en dise plus sur l’identité de Muramasa. Cependant, celui-ci n’avait jamais été disposé de répondre à sa requête. Pourtant, Tokito ne pouvait plus faire marche arrière. Il devait demander à son père adoptif ce qui s’était passé il y a quelques années et quelles étaient les raisons de l’abandon de son père.

Tokito sécha ses larmes et couru à toute vitesse en direction des appartements de Fubuki. Chinmei aurait-il dit la vérité ? Encore dans le doute, le jeune garçon était bien décidé à faire parler celui en qui il avait le plus confiance et qu’il considérait comme sa seule famille.

De son côté, Muramasa avait commencé son entraînement avec Kyo. Celui-ci devait durer quinze jours et permettre à l’enfant démon de devenir plus fort. Cependant, il y avait des ris con concernant Muramasa. En effet, il avaitavoiavoir recourt à une technique secrète du Clan Mibu afin de pouvoir être en pleine forme et utiliser sa pleine puissance. Utiliser une telle technique était du suicide lorsque l’on voyait l’état physique du maître de Kyo. Pourtant, le sage fit comme si de rien n’était avant d’entrer dans la grotte. Comme toujours, un sourire illuminait son visage alors que la mort semblait si proche de lui. A quoi pouvait-il penser pour rester toujours aussi calme et souriant dans les moments difficiles ?

Yuya regarda les deux hommes s’infiltrer dans la grotte où devait avoir lieu l’entraînement de Kyo. La jeune fille se faisait du souci pour le vieux sage qui semblait avoir tout abandonné il y a bien longtemps et qui, dans un dernier espoir et souffle de vie, sacrifiait le peu d’énergie qui lui restait pour aider son élève à combattre ceux qu’il avait toujours détesté et renié. Tout serait sans doute plus facile pour lui si son fils, le fruit de sa chaire, ainsi que l’homme qu’il continuait secrètement à aimer n’appartenaient pas à ce maudit Clan.

Fubuki se tenait comme à son habitude sur la terrasse de la tour principale du château qui surplombait le domaine des Mibu. Il regardait le soleil de ses yeux sombre. Aucune émotion ne se dessinait sur son visage. Ce dernier était mort il y a quelques années lorsque Muramasa lui arracha son dernier sourire avant de le quitter. Comment pouvait-il feindre d’être heureux alors qu’il ne l’était pas. Contrairement à Muramasa, il n’avait jamais pu se forcer à sourire lorsque la tristesse envahissait son cœur.

En regardant la magnifique étoile qui brillait dans le ciel, il sentit son cœur se serrer un peu plus. A fond de lui, il savait que la fin approchait. Le disciple de Muramasa ainsi que ses amis avaieéjà éjà tué plusieurs hommes du Clan Mibu et bientôt ils arriveraient ici pour le combat final. Le dénouement à toute cette histoire était proche ! Etait-ce un bien ou un mal, Fubuki ne pouvait le dire. Au fond de son coeur, il souhaitait peut-être que tout cela s’achève et qu’il puisse mourir en silence. Cependant, il ne devait pas penser à la fin, car il avait une mission à accomplir : mener bien le projet de la « Résurrection des Mibu ».

En se rencontrant, Muramasa avait sauvé Fubuki d’une profonde tristesse en lui accordant sa confiance et en lui donnant son amour. Malgré la haine et le désespoir qui envahissaient par moment le cœur du sage aux cheveux blancs, il espérait retrouver un jour ou l’autre celui qu’il aimait. Ce plan de « Résurrection des Mibu » permettrait peut-être de le sauver… Il espérait tant pouvoir trouver un remède à ce mal qui était en train de ronger le corps de son amant et le sien depuis quelques mois… Fubuki était lui aussi touché par la maladie, mais avant de quitter ce monde, il devait tenir sa promesse envers Muramasa : protéger son fils contre le Mal personnifié en la personne de Chinmei.

Alors que Fubuki, les bras croisés, regardait l’horizon, un bruit le tira de sa rêverie. Il se retourna et vitjeunjeune garçon furieux s’approcher de lui. Tokito bondit sur lui et essaya de donner plusieurs coups à son père adoptif. Malgré la vitesse et la force des coups, aucun ne le touchèrent. En effet, Fubuki était beaucoup plus fort que son fils et n’avait aumal mal à les éviter.

En voyant que ses poings frappaient dans le vide, Tokito se laissa aller et se blottit dans les bras de Fubuki. Pour la première fois, le jeune garçon déversa toute la haine et toute la tristesse de son corps par de chaudes larmes. Entre deux sanglots, Tokito avoua à Fubuki qu’il venait d’apprendre le secret de sa naissance et le lien qui l’avait uni Muramasa par le passé. Fubuki resta sur larassrasse de marbre blanc en tenant dans ses bras un petit garçon de quatorze ans complètement déphasé par ce qu’il venait d’apprendre. Malgré sa force physique, il restait un petit bonhomme que tout le monde avait délaissé à la naissance et il n’avait jamais pu crier sa rage et sa haine envers un destin qui lui avait tout prit.

Dans un dernier sanglot, Tokito releva la tête et cria de toutes ses forces à son père adoptif : « Dis-le toi aussi que je suis un Monstre. Je veux aussi l’entendre de ta bouche… ». Fubuki regarda le visage de son fils quelques instants, mais resta muet. Le jeune garçon comprit que le Sage ne révèlerait rien comme à son habitude. Il fit mine de s’en aller, mais contre toute attente, Fubuki choisit ce moment pour le prendre tendrement dans ses bras et lui dire pour la première fois d’une voix douce… « Ton père m’a offert le plus beau cadeau il y a quelques années… Un enfant… Notre enfant… ! A partir de maintenant, il va falloir que tu me fasses confiance Tokito, car je suis bien décidé à mettre un terme à tout cela… »

Fubuki décida de tout révéler à Tokito sur son passé et celui de son amant. Cependant, il ne mentionna pas certains détails de leur relation passée. Le jeune garçon écoutait attentivement le récit de son père adoptif enayanayant d’imaginer leur passé en commun. Il désirait simplement de recréer dans sa tête le vécu de sa famille afin de se sentir plus proche d’elle.

Tokito comprit peu à peu pourquoi Fubuki ne lui avait jamais réellement parlé de Muramasa. Il avait eu peur que son fils ne comprenne pas le lien qui les avait unis. Le jeune garçon savait que le sage n’avait jamais été très doué avec les mots et que derrière ce visage impassible se cachait un homme attentionné et que son vrai père avait dû faire le bon choix. En fait, Tokito voulait seulement une famille et peu importe que celle-ci soit composée d’un homme et d’une femme, d’un père et d’une mère ou de deux pères. Le garçon désirait juste de l’affection et il était bien content d’apprendre que sa naissance avait été souhaitée même par un homme aussi froid et distant que Fubuki. Cela fit même rire Tokito en pensant que le sage avait pu faire confiance à quelqu’un et qu’il avait pu ouvrir son cœur à Muramasa.

Cependant, Fubuki ne lui avait pas dit pourquoi son père avait trahi les Mibu. Il avait juste mentionné la volonté de celui-ci à les quitter, mais il ne dit rien de plus sur le sujet. Tokito essaya bien d’en apprendre plus, mais cette fois-ci, le sage resta muet. Il semblait quelque peu contrarié et Tokito se doutait bien que beaucoup de choses allèrent se jouer ses prochaines semaines. Il n’insista donc pas, mais pria dans son fort intérieur que l’issue serait favorable à ses proches. Que deviendrait-il si le destin devait s’acharner sur ses proches et les séparer encore une fois ? Peut-être que les cartes l’aideraient à voir le futur de sa famille ? Pourtant, à chaque fois, elles étaient restées blanches… Peut-être que cette fois-ci, le destin serait de son côté…

Plus de deux semaines s’écoulèrent lorsque Muramasa et Kyo sortirent de la grotte. Ils furent accueillis par Bontenmaru et Yuya puisque le reste du groupe avait décidé de se séparer en petites unités et de combattre à leur manière les Mibu de leur niveau. Comme ceci, Kyo pourrait se concentrer uniquement sur les adversaire qua qualité.

En sortant de la caverne, Kyo portait son maître dans les bras. Celui-ci semblait évanoui et très affaibli. Yuya courra vers l’enfant démon pour prendre des nouvelles de Muramasa. Bontenmaru aida la jeune fille à ramener le sage chez lui et à lui donner les premiers soins. Peu à peu, Muramasa reprit connaissance et lorsqu’il vit le visage soucieux Yuya, il lui fit un grand sourire et lui demanda de ne pas se soucier pour lui, car tout allait s’arranger. Kyo, en entendant son maître prononcer ces mots, resta muet tout comme Bontenmaru. Les deux hommes savaient très bien que rien ne s’arrangerait pour Muramasa à moins d’un miracle. La maladie qui le rongeait le détruisait petit à petit et il n’y avait aucun moyen de la stopper. De plus, les deux semaines passées dans cette grotte ne devraient pas améliorer sa santé… Au contraire…

La jeune fille prépara du thé pour tout le monde et au moment de le boire, Kyo choisit cet instant pour dire à ses deux compagnons de route que le temps était compté et qu’il devait reprendre leur chemin en direction du château des Mibu. Yuya répliqua à Kyo qu’il ne pouvait pas laisser Muramasa dans cet état. Le jeune homme ne lui répondit pas. Le sage essaya de dramatiser son état en disant à la jeune fille qu’il se remettrait petit à petit. Bontenmaru resta silencieux encore quelques minutes avant de se lever et de demander à Yuya de le suivre afin de rassembler leurs affaires pour le départ. Après avoir prit congé de Muramasa, ils sortirent de la pièce et laissèrent le maître et son élève face à face.

Muramasa prit la parole et s’excusa d’avoir causé du tord à son élève et d’être la cause de tout ce mal. Kyo ne répondit pas tout de suite, mais après quelques secondes de silence, un léger sourire se dessina sur son visage. Il regarda son maître droit dans les yeux et lui demanda de ne pas mourir tout de suite, car il devait attendre encore un peu avant de regagner le ciel… Il ferait tout pour qu’une personne le rejoigne avant qu’il s’en aille. Muramasa ne répondit pas tout de suite, puis, d’une voix douce il murmura : « Protège-le… Protège-les… » !

Après un dernier au revoir, Kyo quitta la pièce et rejoignit Yuya et Bontenmaru. Il était clair qu’il ferait tout pour que l’autre revienne auprès de son maître une dernière fois…

Alors que Kyo et ses amis reprirent la route, ils étaient bien loin de se douter que Fubuki, de son côté, préparait un plan d’attaque. Pour l’instant, personne ne devait savoir ce qu’il projetait, il devait encore feindre d’être ce qu’il était pendant quelques temps et lorsque le moment sera venu, il se vengera de son véritable ennemi… Un sourire machiavélique se dessina sur ses lèvres et pour la première fois depuis longtemps, il se sentit enfin redevenu lui-même… Un homme froid, cruel et sans concession… Et dans un dernier murmure, il laissa échapper ses quelques mots : « Je me vengerai Muramasa… » !

Fubuki quitta la pièce dans laquelle il se trouvait pour rejoindre Aka no Ou et quelques hauts dignitaires du Clan. Il ne vit pas dans l’angle d’un mur, deux yeux brillants et un sourire cruel se dessiner sur le visage d’un homme qui ne pu s’empêcher de prononcer à haute voix la future sentence du sage : « Il finira donc par tuer Muramasa de ses propres mains… » !

Chinmei disparut comme par enchantement du couloir et se mit à rire en pensant au tragique destin de Muramasa. Il avait toujours détesté la gentillesse et la bonté du Sage ainsi que son sourire qui rayonnait sur son visage. Voir les gens heureux le rendait malade surtout lorsque ceux-ci étaient des onneonnes aussi pures que Muramasa. Tout en lui était tendresse et douceur. Même le plus sombre des hommes, Fubuki, avait succombé à son charme. Peu importe puisque les deux hommes finiraient par s’entretuer prochainement. Chinmei se réjouissait déjà d’assister à ce sanglant combat et de voir le corps de Muramasa inerte sur le sol. Fubuki gagnerait sans aucun doute ce combat puisque son amant était atteint de la maladie dont souffraient certains membres du Clan Mibu. Il n’aurait donc jamais la force pour se battre et tuer celui qu’il aimait par-dessus tout.

Tuer Muramasa était la motivation première de Chinmei. Il y a quelques années, ce monstre n’avait pas hésité à tuer une des sœurs du Sage afin de s’approprier le deuxième sabre forgé par Muramasa quelques années plus tôt. Le but de cet homme était simplement de récupérer les quatre katanas et de tuer celui qui avait fait de sa vie un enfer et une vengeance continue…
Enensaensant aux moments que Muramasa et Fubuki partageaient ensemble rendit furieux Chinmei. Ces deux êtres ignobles avaient osé s’unir sans penser aux conséquences et aux régles du Clan alors que lui…

Peu importe les souvenirs et cette douce nostalgie du temps passé, Chinmei désirait simplement que Fubuki tue de ses mains le sage qu’il avait osé aimer. Le monstre accéléra le pas en direction du trône de Aka no Ou et se mit à rire en pensant à la futur déchéance de ses deux ennemis. Tokito a cru en Fubuki, mais le garçon se rendra vite compte que la mort de Muramasa tuera, par la même occasion, son père adoptif. A ce moment, il comprendra que l’amour ne laisse jamais de place à une troisième personne…

En ouvrant la porte de marbre qui menait vers le Chef suprême des Mibu, Chinmei se remémora son plan de base : faire disparaître Muramasa et conquérir les quatre katanas forgés par ce dernier. Trois étaient en la possession de Kyo et ses amis alors que le quatrième restait toujours introuvable…

Alors que Kyo et ses amis avançaient rapidement en direction du château des Mibu et qu’ils dépeçaient un à un leurs ennemis les plus faibles, Mahiro, la petite sœur adoptive de Muramasa, avait rejoint son grand frère afin de le soigner et de ne pas le laisser s Dep Depuis qu’elle travaillait avec les Tokugawa et le Shogun, elle n’avait pas eu le temps de revoir son grand frère qu’elle chérissait tant. Depuis qu’elle avait appris la vérité au sujet de la mort de sa sœur quelques temps auparavant, elle se sentait libérée de tous devoirs. Kyo lui avait tout avoué et elle pouvait enfin se consacrer à Muramasa et sa santé. Mahiro savait que son grand frère n’avait plus beaucoup de temps à vivre et qu’il avait sacrifié sa vie pour venir en aide à son disciple et à amisamis.

La jeune fille de dix-neuf ans se faisait beaucoup de souci pour Muramasa. Il était très pâle et il ne s’alimentait presque plus. Lorsque Mahiro lui apporta du thé et quelques biscuits, elle le trouva assis près de sa fenêtre en train de scruter la forêt. Il ne répondit pas tout de suite lorsque sa sœur l’appela doucement pour le tirer de ses rêveries. Après deux appels successifs, Muramasa tourna sa tête vers Mahiro qui était en train de lui servir le thé. Il la remercia puis regarda à nouveau en direction des bois. La jeune fille était intriguée par cette observation intense, mais elle n’osa pas lui poser de questions…

En devinant les inquiétudes de sa sœur par le biais du satori, Muramasa lui dit seulement la chose suivante : « Il arrive… Après toutes ces années, il arrive n… »n… » En prononçant ses quelques mots, un sourire vint illuminer le visage pâle du sage. En comprenant les sentiments de son maître, son oiseau, choisit ce moment là pour s’envoler en direction de la forêt…

Mahiro comprit dès lors que son grand frère attendait une personne qui se faisait attendre depuis des années et, pour la première fois depuis qu’elle était arrivée, elle vit son frère reprendre des couleurs et un nouveau souffle de vie…

Arrivé à la lisière de la forêt, un homme s’approchait sans bruit vers la maison en bois de Muramasa. Alors qu’il se frayait un dernier passage au milieu des arbres et des racines sauvages, un oiseau vient se poser sur son épaule alors que l’étranger murmura simplement : « Je t’ai enfin retrouvé… »

Un homme s’approcha lentement de la maison où habitait Muramasa. Au moment où il allait frapper à la porte, une jeune fille vint l’accueillir sur le perron ou lui souhaitant la bienvenue. Puis, sans un mot, elle quitta la demeure et s’engagea dans la forêt. Quelques minutes plus tard, elle avait disparut entre les arbres.

L’individu entra à l’intérieur de la maison et se dirigea vers la chambre de Muramasa. Il ouvrit late ete en bois et se glissa à l’intérieur de la pièce et découvrit un homme assis dans un lit. Il regarda l’inconnu avec des yeux tendres et après l’avoir contemplé longuement, il dit d’une voix douce : « Tu es enfin revenu Fubuki… »

Ruri s’envola de l’épaule de Fubuki et vint se poser sur celle de Muramasa. Le sage aux cheveux blancs s’approcha de son ami et le prit dans ses bras. Avant qu’il ne puisse dire un mot, deux lèvres vinrent capturer les siennes d’un baiser profond. Un jeu de langues commença entre les deux hommes. Les baisers se firent plus entreprenants et plus intenses. Ils s’embrassèrent longuement en se mordillant la langue et les lèvres. Sous la chaleur de leurs deux corps, Muramasa enleva le manteau de Fubuki et passa ses mains sous son kimono afin de lui caresser le torse. Il lui toucha délicatement les tétons et descendit sa main vers le sexe de son amant.

Ce dernier passa ses mains dans les cheveux courts de Muramasa et continua à l’embrasser. Il se laissa caresser un moment le torse et le bas du ventre en couvrant son ami de baisers et de suçons. Puis, il enleva ses deux mains des cheveux blonds du sage pour les déposer, lui aussi, sous son kimono. Muramasa essaya tant bien que mal de déshabiller Fubuki qui soupirait de plaisir sous les tendres caresses infligées par le sage. Lorsque Muramasa réussit à ôter le haut du kimono noir de son amant, il embrassa son torse et parcouru de sa langue la peau douce de celui-ci. Le sage se débattit sous les caresses voluptueuses de Muramasa.

Puis, Fubuki se releva d’un geste brusque, prit son amant dans ses bras et le retourna doucement sur le dos. Il s’étendit sur lui, le déshabilla et passa l’une de ses mains dans les cheveux de son ami. Tout en déposant ses lèvres sur les siennes, il posa son autre main sur son sexe. Fubuki commença à le masser tandis que Muramasa se cambrait sous l’effet des frictions.

En voyant que Muramasa aimait les caresses que lui infligeait Fubuki, ce dernier continua celles-ci le long de son sexe. Puis, après de longs soupirs, il remplaça sa main par sa bouche et suça délicatement le membre en érection. Après quelques minutes, Muramasa demanda à Fubuki de stopper sa douce torture et à contrecoeur ce dernier arrêta. Le sage aux cheveux couleur miel se releva et s’assit à califourchon sur les hanches de Fubuki afin que ce dernier le pénètre.

Une fois que les deux hommes s’unirent et que leurs mouvements s’accélérèrent, Muramasa dit au creux de l’oreille gauche de son amant avec les larmes aux coins des yeux : « Comment peux-tu encore m’aimer après ce que j’ai fait ? Comment peux-tu encore embrasser mon corps qui se meurt chaque jour de plus en plus ? Comment peux-tu… ? » Fubuki posa délicatement un doigt sur les lèvres de Muramasa avant que ce dernier ne puisse terminer sa phrase et lui répondit simplement : « Peu importe la maladie, je t’aimerais toujours, je te désirerais toujours… ». Dans un dernier soupir, ils atteignirent l’orgasme et finirent par s’endormir l’un contre l’autre, innocemment, sans penser à leur destin.

Le lendemain, Muramasa se réveilla en premier et contempla Fubuki quelques instants. Il caressa les cheveux du sage, puis il se leva et enfila un kimono. Il se rendit dans une autre pièce de la maison afin de commencer à forger son dernier sabre : le dernier katana de l’air Muramasa.

Fubuki se réveilla lentement à son tour et chercha des yeux son amant. Il ne le trouva point. Le sage se leva, s’habilla et partit à la recherche de Muramasa. Il le trouva dans son atelier en train de forger un sabre. Celui-ci lui dit bonjour par un sourire tandis que son homologue apporta couvcouverture et la déposa sur les épaules de son amant pour ne pas qu’il prenne froid. Il voyait bien que celui qu’il aimait luttait contre la maladie. Il était pâle et ses gestes moins précis dans son travail. Cependant, comme toujours, il ne se plaignait pas. En voyant que Fubuki l’observait du coin de l’œil, Muramasa lui dit la chose suivante : « Voici le dernier sabre que je crée de mes mains et il sera pour toi. Je mets toute mon âme, toute ma force et tout mon amour afin de créer un katana parfait qui te doa laa la force de te battre et de gagner les futurs combats à venir… »

Fubuki prit Muramaans ans ses bras et le remercia de créer pour lui une chose aussi précieuse. Le sage aux cheveux blonds sourit tendrement à son amant. Son visage était blanc presque livide. Il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre, mais avant de quitter ce monde, il devait terminer le sabre qu’il avait commencé. Cependant, aurait-il assez de temps devant lui pour cela ?

Alors que Fubuki tentait de déconcentrer Muramasa par de tendres baisers au creux de son cou, son amant essaya de se concentrer sur ce qu’il était en train de faire. Chose difficile, car Fubuki ne semblait pas disposer à ce que son ami travaille avec tant d’acharnement alors qu’il ne se sentait pas bien. Muramasa se retourna pour gronder gentiment le sage aux cheveux blancs qui ne cessait de le distraire par ses doux baisers, mais au moment où il ouvrit la bouche pour lui parler, une langue entrns lns la sienne afin de l’embrasser. Muramasa se laissa faire quelques minutes, mais finit par repousser Fubuki qui en ndaindait toujours plus.

Le sage prit la parole et dit en souriant à son amant : « Comment veux-tu que j’avance dans mon travail si tu me distrais avec tes baisers ? » Fubuki rétorqua qu’ils avaient plusieurs années à rattraper et ceci fit rire Muramasa, mais très vite son visage redevint terne et triste. Le sage prit la main de Fubuki et lui dit en lais cou couler le longs de ses joues des petites gouttes salées : « Il faut absolument que… Pour toi… Pour nous… » Son amant lui répondit simplement tout en séchant ses larmes : « Je sais… »

Quelques minutes s’écoulèrent au milieu d’un silence total. Les deux hommes se regardèrent intensément et Muramasa se blottit contre Fubuki. Ce dernier choisit ce moment pour lui donner des nouvelles sur son fils, Tokito. Il lui apprit que son enfant était très doué et qu’il lui ressemblaeauceaucoup physiquement. Il avait un petit côté prétentieux et hautain. Peut-être avait-il été trop gâté durant son enfance ? Cependant, au fond de lui, il restait un jeune garçon sensible que personne n’avait épargné. Fubuki dit aussi à Muramasa qu’il s’était occupé de son fils du mieux qu’il avait pu et qu’il ne regrettait pas d’avoir pu élever Tokito à ses côtés. Il lui assura aussi qu’il le protégerait de Chinmei et de ces hommes cruels qui appartenaient au Clan Mibu.
amasamasa sourit à nouveau et avoua à Fubuki qu’il n’avait jamais douté de lui et qu’il savait que Tokito avait eu beaucoup de chance de grandir auprès de lui. Le sage se tut quelques instant et reprit la parole en apprenant à son amant que parmi les sabres qu’il avait forgé, trois d’entre eux possédaient des caractéristiques bien précises. Non seulement, les lames se nourrissaient et répondaient à leur propriétaire par la soif de leur sang, mais elles étaient découpées et polies de manière parfaite ce qui permettait de trancher des adversaires et de porter des coups très précis é leurs organes vitaux.

Ceant,ant, une rumeur circulait depuis fort longtemps comme quoi quatre katana avaient été forgé par Muramasa et que ceux-ci possédaient des spécificités uniques. Personne ne savait que le forgeron n’avait jamais eu la volonté de créer une quatrième arme destinée à tuer des innocents. Il savait que de nombreux êtres maléfiques essayaient de convoiter ses katana et il était hors de question pour lui de servir leurs intérêts. Par conséquent, ses trois sabres les plus précieux avaient été confiés à des personnes aux cœurs nobles. Ceux-ci protégeraient de leurs mains et de leur vie les valeurs et la tradition de leur maître.

Muramasa offrit donc une lance maléfique au Tokugawa ; un katana à Kyoushiro et le magnifique Tenrô à Kyo. Cependant, les choses avaient changé et maintenant il était temps de forger le sabre le plus ait ait qu’il puisse exister au monde : le quatrième Muramasa. Celui qui héritera de cette splendide arme serait Fubuki et par les mains du Sage et de Kyo, le Clan Mibu tombera dans l’oubli à jamais.

Après avoir terminé leur discussion, Fubuki embrassa tendrement sur la joue Muramasa et sortit de la pièce afin de laisser son ami travailler. Le sage sortit sur le perron et s’assit sur l’une des marches tout en contemplant la forêt qui l’entourait. Il était heureux de pouvoir goûter à nouveau au bonheur même si celui-ci serait de courte durée. Le corps de Muramasa devenait de plus en plus pâle et de plus en plus froid lorsque ses mains effleuraient sa peau. Cela faisait mal, terriblement mal de voir s’éteindre petit à petit l’homme que l’on aimait par-dessus tout. On se sent impuissant face à la mort, car elle vient toujours quand on ne l’attend pas. Elle ne fait jamais aucun signe avant dempaemparer de l’être aimé. En ce moment, elle rongeait le corps de Muramasa et la flamme de sa vie s’éteignait doucement en le faisant souffrir…

Les jours suivants passèrent vite comme si le temps s’était lié à la mort afin de réduire les heures de vie de Muramasa et de bonheur des deux amants. Pourtant, les deux sages profitèrent pleinement et firent comme si de rien n’était. La maladie ne viendrait pas gâcher leurs derniers instants ensembles. Cependant, plus les jours passèrent, plus les deux hommes faisaient l’amour de manière désespérée comme s’il s’agissait de leur dernière cse, se, de leur dernière étreinte, de leur dernier baiser…

Un soir de pleine lune, Fubuki chevaucha tendrement Muramasa. Ce dernier se cambra sous l’effet des mouvements de va et vient de son amant. Cette douce torture lui faisait tourner la tête et sentir son corps vivant. Ilit mit maigri et son visage était d’une blancheur inquiétante depuis trois jours. Muramasa détestait son enveloppe de chaire, car il ne désirait pas que Fubuki le voie comme cela ; en totale déperdition. Pourtant, son amant lui témoignait encore plus d’amour et de tendresse qu’auparavant. Muramasa savait que ce corps sale et usé que Fubuki couvrait de baisers était aimé par-dessus tout depuis leur première rencontre.sagesage se laissa aller sous l’emprise des caresses et des mouvements de son ami. Il ferma les yeux et un délicieux vertige vint l’emporter. Etait-ce dû à Fubuki et à son corps moite sur le siens… ?

Muramasa revit quelques scènes de sa vie défiler devant ses yeux. Il se souvint de son enfance, de son entrée au sein du Clan Mibu, de sa rencontre avec Fubuki, de leur premier baiser, de leur première nuit ensemble, de son fils Tokito qu’il ne connaissait que par des mots, d fui fuite du Clan Mibu, de Mahiro et de Mayumi et enfin du paradis dont il rêvait depuis toujours et qu’il avait tant espérouveouver… Son Paradis… Leur Paradis… Le mélange du bleu azure du ciel et du blanc des nuages où le soleil et la lune règnent en maître… Ils sont comme deux amants… Comme le jour et la nuit… Comme nous… Ils sont enfin libres…

Le soleil et la lune seront désormais notre emblème ; celle de deux hommes que tout séparait aussi bien physiquement que caractériellement, mais qui ont su se rencontrer et qui ont fini par s’aimer d’un amour pur et passionné… Comme ces deux astres, notre amour était destiné à ne pas durer… Maintenant, je suis délivré de mes craintes et de mes souffrances, je parcours le ciel tout en veillant sur toi, je t’attendrais le temps qu’il faudra… Je suis devenu la nuit et tu incarnes désormais le jour et mon dernier espoir… Je suis un ange aux ailes frêles qui s’envole de la terre pour rejoindre, son Paradis et le Soleil…

N’oublie pas que la lune et le soleil finiront par se retrouver et brilleront ensembles dans le ciel tout en souriant à leur douce revanche…

Son âme quitte la terre afin de rejoindre l’éther.
Un ange part conquérir les nuages et le bleu iel.iel.

Muramasa, ton amant, a enfin pu retrouver ses ailes.
Il s’envole vers le soleil en quittant son corps de misère.

Fubuki se coucha sur son torse moite. Il déposa un léger baiser sur son front et plaça sa main droite sur son cœur. Les battements de celui-ci étaient faibles et irréguliers. Le sage chevcheveux blancs comprit que Muramasa était en train de partir pour un long voyage et qu’il ne reviendrait pas. La mort était en train de l’envelopper d’un linceul de soie d’où jamais personne ne peut s’échapper. Encore une fois, la vie les avait séparé… Fubuki murmura une dernière chose au creux de l’oreille de son amant avant de s’endormir contre lui pour une dernière nuit… Leur dernière nuit ensemble…


Où que tu sois, je viendrais te retrouver.
Côte à côte nous régnerons pour l’éternité.

Le dernier Sabre Muramasa brille dans le n
Ce
Cette arme plongera le Clan dans le désespoir.


Quelques heures plus tard, Fubuki se réveilla et se décida d’enterrer Muramasa. Il s’habilla et prit le corps de son amant dans ses bras et le porta à l’extérieur de la maison. Il le déposa sur le sol et alla chercher une pèle dans l’établit qui se trouvait à quelques mètres de cabane en bois. Le sage entra à l’intérieur et découvrit au milieu de la pièce un re, re, un magnifique katana dont la lame blanche scintillait dans la pénombre de celle-ci. Fubuki resta quelques minutes à observer l’arme qui était attachée par des sceaux et des chaînes et qui semblait n’attendre que lui et son sang. Le sage s’approcha du sabre et le détacha et l’intercepta avant que celui-ci n’essaie de lui trancher la gorge de sa lame étincelante et tranchante. Il se mit à contempler le travail de Muramasa avec attention. Il n’y avait rien à redire, il avait donné le meilleur de lui-même, il y avait mis tout son talent, sa force et sa minutie afin de réaliser à la perfection ce quatrième sabre… Le dernier Katana de Muramasa !

Fubuki prit dans sa main gauche l’arme avec laquelle il allait détruire le Clan Mibu et de la main droite une pèle afin d’enterrer le corps de son amant. Il ressortit de l’établit et se mis à creuser une fosse près d’un arbre centenaire au feuillage magnifique. Après avoir creuser un trou assez profond, il y déposa Muramasa. Il le regarda une dernière fois avant de le recouvrir de terre. Le sage finit par planter une croix en bois et mis quelques fleurs au pied de sa tombe.

Une légère brise souffla et quelques mèche des cheveux de Fubuki vinrent balayé les larmes qui coulaient le long de ses joues. Il posa la pèle contre un autre arbre, empoigna le katana que Muramasa avait forgé pour lui et marcha en direction de la forêt. Il disparut quelques instants plus tard suivi de près par un petit oiseau…

De son côté, Kyo et ses amis arrivèrent en vue du château du Clan Mibu. Ils avaient dû se débarrasser de nombreux ennemis afin d’arriver jusqu’à leur territoire. Ils gravirent à toute vitesse les allées de marbres et de pierres blanches qui menaient vers l’entrée principale et au moment où ils allèrent atteindre l’entrée, une porte s’ouvrit pour laisser apparaître trois hommes.

Ceux-ci marchèrent en direction de Kyo afin d’accueillir l’enfant démon et ses alliés. L’un des Taishirou s’avança de quelques pas et prit la parole au nom des deux autres : « Je ménoménomme Hishigi et au nom des deux autres Taishirou ici présent, nous venons vous défier et vous empêcher d’atteindre la Tour Rouge où réside notre Chef Suprême… Aka no Ou… »

Kyo s’était déjà avancé de quelques pas et il semblait prêt à bondir sur l’homme qui s’était présenté sous le nom de Hishigi. Le démon se retint quelques instants, car il savait que le moindre faux pas contre l’un de ces hommes pourrait lui être fatal à lui et ses amis. Les Taishirou se remirent en marche et avancèrent à pas lents vers Kyo et ses alliés. Bontenmaru serra les poings, Yuya se cacha derrière Kyo alors que le reste de la bande, qui les avait rejoint peu de temps avant, serrèrent les dents et se concentrèrent afin de voir qui serait le premier à sortir son arme et à porter un coup mortel. Pendant quelques secondes, les ennemis des deux clans se regardèrent farouchement sans faire aucun geste déplacé et qui donneraient le coup d’envoie du combat.

Une légère brise fit s’envoler les quelques feuilles et le sable blanc qui se trouvaient sur le sol. Seul le bruit du vent retentissait dans l’air et au moment où celui-ci souffla plus fort et souleva la poussière pour en former un nuage dansant dans le ciel, Kyo choisit ce moment pour bondir sur son ennemi. Il sortit son katana alors que de leurs côtés, Bontenamaru, Sasuke, Yukimura et les autres se ruèrent, eux aussi, sur les deux autres Taishirou qui semblaient terriblement concentrés. Ils sortirent leurs armes afin de porter un coup à leurs ennemis, mais ceux-ci les évitèrent avec agilité et une facilité déconcertante. Hishigi fit de même en esquivant le sabre de Kyo. Les deux hommes échangèrent un regard noir tout en se ruant l’un sur l’autre. Le sage vêtu de noir choisit ce moment pour sortir un sabre impressionnant et porta un con din direction de l’épaule de Kyo.

Ce dernier n’eut pas le temps de l’esquiver et une entaille assez profonde marqua sa chaire. Le sang coula sur son kimono alors que ses yeux rouges regardèrent la plaie avec intensité. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres et sans attendre une seconde de plus, il courra à toute vitesse sur Hishigi en levant son sabre et en l’abattant d’un coup sec sur le sage qui n’avait pas bougé d’un millimètre. Un vent fort ainsi que toute la poussière qui se trouvait sur le sable s’éleva dans les airs dans un tourbillon emportant tout sur son passage. Peu à peu, le sable retomba sur le sol et le vent retomba, Kyo regarda attentivement en direction de son ennemi qui ne se trouvait plus là. Il ne l’avait donc point touché malgré la force qu’il avait mise dans son coup.

Quant aux autres, ils n’avaient pas plus de chance alors qu’ils étaient plusieurs à se battre contre le même homme. Chacun de leur coup ne semblait pas touché leur adversaire qui semblait rire de leur naïveté et de leur faiblesse en s’amusant à esquiver la danse de leur katana. Bontenmaru sourit et déploya une partie de sa force bestiale en direction de l’un des Taishirou. Il disparut afin de se retrouver derrière son ennemi de manière presque instantanée. Il lui donna un coup de poing dans les côtes qui envoya valser sur le sol le sage aux cheveux blancs. Ce dernier se releva sans mal et disparut à son tour et décrocha un coup de pieds dans la nuque de Bontenmaru avec une force impressionnante. L’ami de Kyo se retrouva face contre terre et du sang se mit à couler de son nez et de sa bouche.

En voyant que Bontenmaru avait du mal à se relever, Sasuke prépara son attaque préférée… Celle dont il était le plus fier… Le ciel s’assombrit e déc déchaîna par sa puissance et son aura la foudre qui vint frapper son sabre et le sage à quelques secondes d’intervalle. Le Taishirou aux cheveux blancs se prit le coup de plein fouet, mais son aura suffit pour bloquer l’attaque du prodige Sasuke. En retour, le protégé de Yukimura eut droit à une attaque à base d’illusions de la part du sage. Ce dernier le fit souffrir mentalement en lui montrant la mort des dix guerriers de Sanada et de son maître Yukimura. La scène semblait réelle pour Sasuke qui ne faisait pas du tout la distinction entre la réalité et l’illusion dans laquelle l’avait projeté son ennemi. Il revit son arrêt la scène de leur mort devant les yeux et les illusions à répétitions embrouillèrent son esprit. En cet instant, complètement prit par ce qu’il voyait et la mort des siens, il était complètement vulnérable.

Le Taishirou choisit ce moment pour bondir sur Sasuke et lui donner un coup dans le ventre, il enchaîna par un combo et des attaques à mains nues. Le garçon n’avait plus la force de porter un coup de sabre à son adversaire, car la douleur qu’il ressentait physiquement venait se mélanger à celle qu’il ressentait mentalement par les visions que lui infligeait le sage.

Yukimura, en voyant que son guerrier était en mauvaise posture, arrêta son propre combat contre le troisième sage pour protéger Sasuke. Au moment où le Taishirou lui porta un combo en plein cœur avec son poing gauche, Yukimura stoppa celui-ci avec son katana et lui coupa les tendons. Un cri de douleur retentit dans les airs et stoppa pendant quelques secondes les autres combats.

Kyo se retourna en direction de Yukimura et vit qu’il venait de sauver Sasuke de la mort. Il sourit de manière machiavélique et empoigna fermement son sabre. Il regarda à nouveau Hishigi dans les yeux et prépara un combo surpuissant… Il allait enfin se servir des nouvelles attaques que lui avaient apprises Muramasa. Kyo déposa ses doigts sur la lame de son katana et se concentra. Quelques secondes plus tard, un vent léger se leva et se dirigea à toute vitesse sur le sage. Celui-ci essaya de la bloquer avec son sabre, mais il n’y réussit pas et se prit laqueaque du démon de plein fouet. Il arriva à bloquer partiellement la première attaque par son aura, mais un oiseau de feu le percuta et il ne put l’arrêter.

De plus, il n’avait pas vu que Kyo avait enchaîné sur un deuxième coup surpuissant… Celui de Byakko… Un tigre se dessina dans les airs et ses griffes tranchantes vinrent s’abattre sur le corps de Hishigi. Ce dernier tomba à terre couvert de sang et les habits en lambeau. Kyo planta son katana dans le sol et s’appuya sur celui-ci afin de reprendre son souffle. Il transpirait à grosse goutte et ses membres tremblaient. De son côté, Hishigi se releva difficilement. Lui aussi était essoufflé, mais cela ne lui empêcha pas d’ôter une partie du masque de cuir noir qui cachait la moitié de son visage. Il disparut quelques instants pour apparaître à nouveau devant Kyo qui essayait de reprendre ses esprits, mais Hishigi ne lui laissa pas une minute de répit.

Au moment où Kyo essaya leva son sabre pour stopper celui du sage, leurs yeux se croisèrent une fraction de seconde et l’enfant démon se mit à se transformer en statue de pierre alors que son ennemi lui aspirait sa force vitale. En voyant que Kyo était en danger, Yuya cria son nom de toutes ses forces alors que Akari bondit vers lui faisant tournoyer son bâton dans les airs afin d’aspirer les forces de Hishigi. Celui-ci évita facilement l’attaque de Akari. En entendant la jeune fille prononcer son nom, Kyo s’énerva et déploya une énergie telle qu’il se libéra de l’emprise de Hishigi et le transperça de son sabre. Le Taishirou tomba à terre, inerte. Le sang se répandit sur le sol et dessina les contours du sage mourrant. Kyo venait de gagner ce combat…

De son côté, Bontenmaru était toujours aux prises avec le sage aux cheveux blancs. Yukimura se tenait à côté de Sasuke et essayait de le réveiller. Akari accourut à ses côtés afin de soigner le jeune garçon. Les blessures physiques cicatrisèrent, mais l’enfant restait plongé dans un sommeil de plomb. De plus, il respirait de plus en plus difficilement malgré les soins du Sacré du Ciel.

Le Taishirou porta une attaque mortelle à Bontenmaru et serra ses doigts autour de sa gorge. Le Sacré du Ciel ne pouvait plus faire le moindre mouvement, car le sage lui avait sectionné les tendons et fissuré les os quelques secondes auparavant par un jeu de jambe impressionnant. Les coups avaient atteints parfaitement les points sensibles et Bontenmaru n’avait rien pu faire. Alors que le sage serrait de plus en plus ses doigts autour de sa gorge, le Taishirou qui se tenait un peu à l’écart depuis que Yukimura avait temporairement arrêté de se battre porta contre toute attente un coup mortel à son ami qui s’étala sur le sol. Des cartes vinrent frapper ses points vitaux avec une force telle que le sage ne put se relever.

Les autres, surpris par l’intervention du troisième Taishirou, se retournèrent vers lui avec des yeux méfiants. Ils le fixèrent avec attention pendant quelques secondes et ce dernier choisit ce moment pour prendre la parole : « Je suis Tokito, le fils de Muramasa, je vais vous mener jusqu’au Roi Rouge. » Tout le monde fixa de manière ébahie le jeune garçon qui se trouvait devant eux avec un regard hautain. Kyo lui répondit d’une voix arrogante et moqueuse : « Alors, c’est toi Tokito ?!? Intéressant ! Il n’y a pas de doute, tu leur ressembles…. Tu as pris le physique de l’un et le caractère de l’autre… »

Tokito regarda Kyo quelques instants et lui dit : « Je sais que je leur ressemble… Je sleurleur fils… » Pour la première fois, un sourire vint illuminer le visage du jeune garçon. Ses traits si fins ressemblaient comme deux gouttes d’eau à ceux de son père… Il n’y avait pas de doute, il s’agissait bien du fils de Muramasa…

Du sommet de la Tour Rouge, un homme regardait la scène qui se passait en bas. Il ricana méchamment tout en fumant et en agitant un éventail… La fin était proche… Il était temps d’aller se battre et de les anéantir… Pour préserver la gloire de Aka no Ou… Celui qui le jeta aux Enfers jadis…

Tokito ne posa aucune question sur son père à Kyo et ce dernier ne lui dit rien non plus. Le jeune garçon devait sans doute se douter de la mort de son père. En effet, les Mibu possèdent des sens beaucoup plus développés que les humains et ils perçoivent certaines choses qui ne le sont pas pour d’autres. De plus, Tokitonaitnait dans la Salle du Temps où il manipulait les vies des êtres humains par le passé. Celle de Muramasa avait dû s’éteindre devant ses yeux à moins que le jeune homme, afin d’abréger les souffrances de son père, n’ait soufflé sur lamme mme qui symbolisait sa vie.

Lorsque tout le monde fut soigné par Akari, le petit groupe se remit en marche accompagné de Tokito. Celui-ci était devant et dirigeait Kyo et ses amis en direction de la Tour Rouge. Avant de l’atteindre, ils durent tuer quelques ennemis et se défaire de la garde impériale qui montait la garde à l’entrée du labyrinthe qui venait à leur destination. Il ne fallu pas longtemps à Kyo, Bontenmaru, Benitora et Tokito pour anéantir leurs adversaires. Lorsque la petite troupe arriva aux portes du labyrinthe, le fils de Muramasa se mit à nouveau devant le pe epe et les dirigea facilement à l’intérieur de celui-ci. Après plus d’une heure de marche éreintante au sein des enceintes de marbre blanc, ils arrivèrent aux portes de la Tour Rouge. Celles-ci étaient immensément grandes et imposantes. Il fallu toute la force de Bontenmaru afin de les ouvrir.

Après avoir vaincu les colossales portes en bois massifs de la Tour Rouge, le petit groupe entra à l’intérieur et commença à gravir les escaliers de marbre rose en colimaçon qui les mènerait au sommet et à leurs derniers combats contre les Mibu. Cependant, gravir ces marches n’était pas de tout repos vu leur nombre. Bontenmaru dut porter Yuya sur ses épaules, car la jeune fille n’arrivait pas à suivre le rythme de ses compagnons. Après plus de vingt-cinq minutes, Kyo et ses amis arrivèrent au sommet de la Tour Rouge. Devant eux se trouvait une immense salle richement décorée où d’immenses vitraux aux symboles du yin et du yang filtraient la lumière du soleil. A l’opposé de la pièce se trouvaient des marches qui menaient vers un trône vide. La troupe reprit sa marche en direction de celui-ci, mais lorsqu’ils arrivèrent au milieu de celle-ci, une ombre à l’aura meurtrière apparut derrière eux et les emprisonna à l’intérieur d’une boule d’énergie. Personne ne s’attendit à ceci au sein de l’équipe de Kyo même pas Tokito qui se retourna en direction de l’ombre malfaisante.

Alors que ses yeux s’écarquillèrent en apercevant celui qui se tenait devant eux en souriant, la gravité de la pièce augmenta et tout le monde fut attiré vers le bas sous la force de celle-ci. Personne n’arrivait à rester debout et la boule d’énergie qui les retenait prisonnier grossit à nouveau déchirant peu à peu les vêtements de ceux qui se trouvaient à l’intérieur. Tokito poussa un cri de rage en voyant l’homme qui les contemplait et il essaya de pousser son énergie au maximum afin de se libérer de l’emprise de la gravité. Cependant, malgré la force du jeune sage, il n’y arriva pas. Kyo choisit ce moment pour aider Tokito suivi de près de Benitora, Bontenmaru et de Yukimura. Le quintette, après de nombreux efforts, arriva à supprimer la boule d’énergie qui les emprisonnait et sans attendre Kyo bondit sur l’homme qui se trouvait devant lui le sabre en avant. Il leva le bras dans les airs afin de l’abattre au niveau de l’épaule de son ennemi, mais celui-ci contra l’attaque du démon en dressant un bouclier de pierre devant lui en détruisant l’une des colonnes de la pièce dans laquelle ils se trouvaient.

Le coup de Kyo n’atteignit pas sa cible et en retour, le démon se prit un assaut de pierre coupante sur lui. Des coupures gorgées de sang firent leur apparition sur le corps de Kyo qui posa un genou à terre. Yuya poussa un cri et couru vers lui suivie de Akari. Cependant, le Sacré du Ciel ne put rien faire pour soigner les blessures béantes de Kyo puisqu’il n’avait plus d’énergie après avoir soigner toute la troupe peu de temps auparavant. L’enfant démon baissa les yeux et fixa le sol de marbre blanc. De grosses gouttes de sueur coulaient le long de son front et de ses tempes. Il essaya de se relever, mais une plaie que les autres n’avaient pas pu voir quelques minutes plus tôt apparut sur le ventre de Kyo. Akari et Yuya lui ordonnèrent de rester assis, mais le démon ne voulu rien écouter. Il se releva et tenta de faire un Suzaku, mais avec le peu de force qui lui restait, il n’y arriva qu’à moitié ce qui fut insuffisant pour blesser son ennemi.

En voyant que Kyo ne pouvait plus se battre, Tokito s’avança et se mit face à leur ennemi et il le défia d’une voix remplie de haine et de rage en lui disant : « Nous avons un compte à régler Chinmei… Je ne te laisserais plus faire ou dire du mal de ceux qui ne le mérite pas… »

Chinmei rigola en voyant Tokito si énervé à sa vue et, sans attendre que ce dernier soit prêt pour le combat, il lui envoya plusieurs boules d’énergie sur lui. Le jeune sage essaya de les éviter comme il le pouvait, cependant, son ennemi augmenta la gravité de la pièce et les mouvements de son adversaire furent ralentis. Tokito eut de plus en plus de mal à esquiver les boules de feu qui venaient dans sa direction.

Chinmei choisit ce moment pour entrer dans l’air de combat de Tokito afin de le frapper de toutes ses forces. Le sage se prit plusieurs coups dans le ventre, les côtes et la figure et son ennemi s’éclipsa juste au moment où les boules d’énergie allèrent frapper le jeune garçon. Quelques secondes plus tard, sans que nul autre puisse intervenir, un immense nuage de fumée blanche envahit la pièce sous l’effet de la collision des boules d’énergie.

Tout le monde cria le nom de Tokito et Bontenmaru s’approcha du lieu de l’impact, mais ne vit pas le corps de l’enfant. Chinmei s’adossa contre une colonne de marbre et rigola en voyant les visages désespérés et tristes de ses ennemis. Kyo s’appuya sur son katana et menaça l’homme au sourire démoniaque qui se trouvait devant lui. Chinmei l’ignora et continua à rire de la situation. Bontenmaru serra les poings et dit à haute voix : « Tu paieras de ta vie la mort de cet enfant… Le fils de Muramasa… »

Chinmei lui répondit avec un sourire en coin que son souhait le plus cher était de se débarrasser de Mura, sa, sa famille et ses amis. Lorsque tous ses ennemis seraient morts, ils récupéreraient les quatre katana forgés par le sage et les ramèneraient auprès de Aka no Ou afin que celui-ci lui redonne sa confiance et son amour, car personne ne pourrait jamais détruire la figure emblématique du Clan Mibu…

Alors que le nuage de fumée disparaissait lentement, un bruit de bas se fit entendre dans la direction du lieu d’impact. Tout le monde se retourna et une ombre apparut. Elle s’approcha de plus en plus du lieu de Kyo et de ses amis. Lorsque la lumière de la pièce fut suffisamment importante et éclaira le visage de l’inconnu, Chinmei ne put s’empêcher de prononcer à voix haute le nom de Fubuki.

Le sage aux cheveux blancs portait dans ses bras le corps d’un enfant de quatorze ans qui venait d’échapper à la mort grâce à son père adoptif qui avait pu le sauver juste à temps. Tokito était blottit dans les bras de Fubuki et murmura simplement avant de perdre connaissance : « Reste en vie… »

Fubuki s’avança près de Bontenmaru et lui tendit Tokito en lui demandant de veiller sur lui. Le Sacré du Ciel prit le jeune garçon dans ses bras tandis que le sage aux cheveux blancs se dirigea vers Kyo. Celui-ci lui dit simplement de ne pas intervenir dans ce combat, car c’était le sien et qu’il avait un compte à régler avec Chinmei. Fubuki empoigna le sabre que lui avait forgé Muramasa dans a main droite et s’approcha de son ennemi en le défiant.

Chinmei prit la parole et dit à Fubuki d’un air hautain : « Je vois que tu as fini par trahir toi aussi le Clan Mibu en choisissant Muramasa et son fils… D’ailleurs, le sage semble avoir forn cin cinquième katana avant de mourir… »

Fubuki le regarda de ses yeux sombres et lui répondit sur un ton neutre : « Mon choix a toujours été clair dès le début… Quant à ce sabre, il s’agit du quatrième et dernier katana forgé par Muramasa et tu n’es pas prêt de l’obtenir, car sa lame blanche boira ton sang jusqu’à la dernière goutte… »

Les deux hommes se regardèrent droit dans les yeux tout en attendant que l’un d’entre eux fasse le premier pas. Cependant, aucun ne bougea et ils restèrent à s’observer quelques minutes sans faire le moindre mouvement. Puis, sous la tension du regard perçant de Fubuki, Chinmei lança une attaque sur le sage. Plusieurs boules de feu vinrent le frapper de plein fouet, mais Fubuki les évita sans problème. Ce dernier se rua sur son ennemi et essaya de lui porter un coup de sabre à la nuque. Chinmei fut prit de vitesse et la lame du katana forgé par Muramasa vint s’abattre près de sa gorge. Malheureusement, par la force de la gravité, le joker du roi arriva à ralentir les mouvements de Fubuki et cela lui suffit pour éviter de justesse la lame blanche du sabre. Celle-ci s’abattit quand même sur l’épaule de Chinmei en y laissant une coupure importante.

Chinmei porta à son tour un combo à Fubuki en lui envoyant une multitude de roches pointues sur lui. Le sage aux cheveux blancs sortit le va son katana et réduisit les pierres en poussière. La lame blanche scintillait avec les rayons du soleil et Fubuki choisit se moment pour se jeter sur son ennemi, lui empoigner la gorge et la transpercer par ses ongles d’acier. Le sang gicla alors que le sage enfonça son sabre dans le ventre de Chinmei. Ce dernier bougea frénétiquement ses membres avant de devenir froid et immobile. Fubuki le lâcha, mais à sa grande surprise, Chinmei se releva et lança une boule de feu sur l’homme aux cheveux blancs. Celui-ci n’eut pas le temps de l’esquiver et il fut emporté par le souffle de l’explosion. Le corps de Chinmei commença par se régénérer et plus aucune trace de blessure n’apparut sur son corps quelques minutes plus tard.

Tout le monde se tourna vers le lieu de l’explosion pour voir si Fubuki était en vie. Le sage se releva avec du sang qui perlait le long de son front et de ses bras. Il ferma les yeux et revit le visage de Muramasa, il devait absolument tout donner afin de détruire le monstre qui se trouvait devant lui, mais il ne savait pas comment faire, car celui-ci semblait avoir le don de se régénérer et de soigner ses blessures. Fubuki reprit son souffle et se mit à nouveau face à Chinmei. Ce dernier semblait avoir retrouvé toutes ses capacités ce qui n’était pas le cas de Fubuki.

Le sage aux cheveux blancs se concentra et il disparut instantanément pour se retrouver derrière son ennemi. Chinmei avait anticipé le geste du sage et évita la lame tranchante du katana. Cependant, Fubuki fit appel à son don de nécromancie et une trentaine de spectres firent leur apparition autour de l’homme aux lunettes noires. Chacune de ses formes se jetèrent ensemble sur Chinmei et le rouèrent de coups. Ce dernier les envoya valser contre les murs de la Tour Rouge en dégageant une boule d’énergie importante. En faisant ce geste, sa garde fut découverte et Fubuki en profita pour le transpercer de son sabre et de son souffle destructeur.

Fubuki laissa son katana planté dans le corps de Chinmei, mais il tomba à genou complètement épuisé. Il lâcha son sabre quelques secondes ce qui suffit à son ennemi pour le retirer de son cœur. L’homme aux lunettes noires l’empoigna et transperça les côtes de Fubuki tout en se régénérant. Un rire démoniaque retentit dans la pièce, mais ce dernse tse transforma bientôt en un cri de douleur terrible. En effet, un katana venait de transpercer à nouveau Chinmei : il s’agissait celui de Aka no Ou…

Le Roi Rouge exécuta Chinmei sous les yeux de Kyo et de Fubuki… Avant de disparaître à jamais, le joker eut juste le temps de prononcer un mot emplis de haine : « Pourquoi… ? »

Aka no Ou lâcha son arme alors que Akari s’empressa de soigner ceux qui en avaient besoin vu qu’il avait retrouvé ses forces. Fubuki eut aussi droit aux soins du Sacré du Ciel alors que Yuya pansa les quelques plaies qui restaient sur le corps de Tokito. Lorsque tout le monde fut remis sur pieds, Kyo et ses amis se dirigèrent vers le trône de Aka no Ou. Le Roi Rouge était assis et contemplait la pièce dévastée de la Tour, symbole par excellence des Mibu et de leur puissance.

Le chef du Clan prit la parole et prononça d’une voix distincte les mots suivants : « Je viens de tuer celui qui m’a aimé tout au long de sa vie alors que je ne pouvais répondre à ses sentiments. Mon cœur appartient depuis toujours à une femme, mais au lieu de décharger sa haine contre moi, il a fallu qu’il la déverse contre ceux qui ont osé enfreindre les lois du Clan en s’aimant d’un amour impur. La jalousie de cet homme n’a jamais eu d’égal, mais il a préféré m’aimer jusqu’au bout au lieu de ma haïr… Il a simplement choisit la mauvaise personne… Je suis désolé Fubuki… Muramasa a payé de sa vie le prix de mon erreur. Aujourd’hui, que reste-t-il de notre Clan ? Ma femme est partie rejoindre les cieux… Elle a été emportée, elle aussi, par la terrible maladie. Le Clan Mibu n’est plus… Il se meurt lentement tout comme ses membres… Je ne veux plus me battre… Accepter en tant que telle ma défaite et celle des Mibu… »

Les derniers mots de Aka no Ou scellèrent à jamais le destin du Clan Mibu. Ceux-ci se retirèrent dans l’ombre en laissant Ieyasu Tokugawa régner en maître et unifier le Japon. Certains membres du Clan décidèrent de se mêler aux êtres humains alors que d’autres préférèrent y renoncer. Le Roi Rouge s’exila vers le Nord tout comme Hishigi qui trouva une épouse près de la région du Yunnan. Il se remit lentement de ses blessures auprès de Lily avec qui il entendait faire sa vie.

Yuya décida de regagner sa province natale accompagnée de Kyo, Akari, Bontenmaru et Akira. Sasuke et Yukimura rejoignirent les autres guerriers et reprirent leurs anciennes habitudes à savoir : sake, femmes et pêche.

Du haut de sa Tour, Fubuki regarda le domaine du Clan Mibu tout en repensant aux évènements de ces derniers mois. Une brise légère souffla dans ses cheveux qui dansèrent dans le vent. Les nuages blancs poursuivirent leur course inexorablement dans le bleu azure du ciel laissant apparaître le soleil de temps à autre. Bientôt, les deux astres brilleront côté à côté pour le reste des temps …

Alors que Fubuki était perdu dans ses rêves, un jeune garçon aux cheveux blonds s’approcha de lui et murmura d’une voix douce : « Papa, le temps est venu de partir… » Le sage se retourna et prit la main de Tokito dans la sienne… Ils se dirigèrent ensemble vers leur nouveau Paradis Terrestre rejoindre le dernier membre de leur famille… Un amant et un père avant tout prénommé Muramasa…

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